Et le cycle de violences recommence… ou continue…

Rédigé par Marianne

Cherchant (désespérément ?) des raisons d’espérer une paix à venir entre Israéliens et Palestiniens, nous voulions, à l’origine, écrire un article sur la reconnaissance de l’État palestinien dans les instances internationales, et sur les dernières prises de position en Europe et en France.

Concernant les instances internationales, il y a eu ces dernières années des avancées dont on peut pourtant se demander si elles dépassent le stade symbolique : reconnaissance de l’État palestinien comme membre de l’Unesco, puis comme État observateur à l’ONU en 2012, et en septembre 2015 le droit donné à la Palestine de hisser son drapeau sur le parvis de l’ONU. Ce qui a donné lieu à une cérémonie . La journaliste du Monde rapporte ainsi les propos de Ban Ki-moon à cette occasion : « Les symboles sont importants. Ils peuvent mener à l’action ; nous ne pouvons en aucun cas nous imaginer que cette cérémonie marque la fin du parcours. »

Il y a eu aussi, à titre moins symbolique, l’acceptation de la Palestine en tant que membre de la Cour pénale internationale (CPI), ce qui lui permet, par exemple, de viser certaines actions israéliennes en tant que crimes de guerre. Mais l’État palestinien, s’il est maintenant reconnu par 135 pays, ne l‘a toujours pas été par le gouvernement français, malgré un vote du Parlement et du Sénat en ce sens en décembre 2014. Et ces derniers temps, si la diplomatie française (1) a déployé ses efforts pour donner un cadre plus large au Quartet (2), elle ne semble pas avoir vraiment abouti.

Du côté de l’Europe, le Parlement européen a voté en septembre une motion, non contraignante, demandant l’étiquetage des produits des colonies. C’est mince, si l’on veut vraiment parvenir à cette distinction entre les produits venant du territoire d’Israël et ceux venant des Territoires occupés par Israël.

Pas grand-chose donc de positif au plan de la paix entre Israël et Palestine, on a eu beau chercher…

Et dans cette situation totalement bloquée, les seules « avancées » semblent malheureusement celles de l’extension des colonies israéliennes, de l’occupation, avec notamment les provocations successives sur l’esplanade de la mosquée al-Aqsa, contrevenant au statu quo décrété entre les deux parties, en vigueur depuis 1967.Le nouveau gouvernement israélien, lui-même, avec une partie de ses ministres d’extrême-droite, ne manque pas d’attiser le feu.

Dans cette situation, le cycle de violence a repris, avec son lot de morts et de blessés. Mais comment pourrait-il en être autrement sans que des négociations s’instaurent véritablement entre les deux parties, sans la perspective, pour les Palestiniens, de disposer enfin de leur Etat ? Et cela suppose certainement une forte implication des États-Unis, de l’Europe, et des pays de la région.

1. Laurent Fabius à Prague le 24 aout 2015
« Nous devons contribuer, et cela est difficile, à ramener les parties (israélienne et palestinienne) à la table des négociations sans perdre de vue notre objectif commun : la solution des deux États, qui garantisse la sécurité d’Israël et rende justice aux Palestiniens. La France ne ménage pas ses efforts pour y parvenir. Face au blocage actuel – et le mot est faible – qui présente le double risque de l’enlisement et de l’embrasement, personne ne peut croire que cette question israélo-palestinienne pourra se régler toute seule ou que l’on pourra, pendant deux décennies, continuer comme aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle la France essaie de mobiliser la communauté internationale dans le cadre d’un Groupe international de soutien, qui comporterait le Quartet et s’étendrait aussi aux pays arabes et à quelques pays européens. Nous pensons qu’il n’est pas très pertinent de trouver des solutions à ce conflit sans y inclure les pays arabes. Nous discutons de cela avec nos amis européens, avec les Américains et avec d’autres. Nous avons abordé cette question lors du conseil des affaires étrangères de juillet et nous aurons l’occasion d’y revenir dans le cadre du Gymnich (réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne), début septembre. Pour résumer ma pensée, il faut faire bouger les choses même si cela est très difficile, sinon c’est un foyer de tensions extraordinaires. »

2. Le Quartet pour le Moyen-Orient, créé en 2002, est un groupe formé de quatre États et d’organisations nationales et internationales, pour réaliser une médiation dans le processus de paix israélo-palestinien. Le Quartet est composé des États-Unis d’Amérique, de la Russie, de l’Union européenne et des Nations unies.

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