{"id":13,"date":"2013-11-08T08:19:00","date_gmt":"2013-11-08T08:19:00","guid":{"rendered":"http:\/\/maclarema.fr\/blog\/kamp-par-l%e2%80%99hotel-modern\/"},"modified":"2015-11-29T12:44:09","modified_gmt":"2015-11-29T11:44:09","slug":"kamp-par-l%e2%80%99hotel-modern","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/kamp-par-l%e2%80%99hotel-modern\/","title":{"rendered":"Kamp, par  l\u2019H\u00f4tel Modern"},"content":{"rendered":"<p class=\"post-info\">Par <a href=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/\">maclarema<\/a> le vendredi 8 novembre 2013, 08:19 &#8211; <a href=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/index.php?category\/culture\">culture<\/a><\/p>\n<ul class=\"post-tags\">\n<li><a href=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/index.php?tag\/antis%C3%A9mitisme\">antis\u00e9mitisme<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/index.php?tag\/shoah\">shoah<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/index.php?tag\/th%C3%A9%C3%A2tre\">th\u00e9\u00e2tre<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>R\u00e9dig\u00e9 par Reine.<\/p>\n<h4><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/public\/.Kamp-3_s.jpg\" alt=\"\" \/><\/h4>\n<h4>Kamp, une pi\u00e8ce de l\u2019H\u00f4tel Modern :<br \/>\nles images manquantes d&rsquo;Auschwitz<\/h4>\n<p>Le 21 septembre j\u2019ai assist\u00e9, au 104 \u00e0 Paris, \u00e0 la repr\u00e9sentation de <em>Kamp<\/em> par la troupe hollandaise Hotel Modern.<br \/>\nTrois marionnettistes (deux actrices et un plasticien concepteurs du projet) manipulent \u00e0 vue les figurines et font exister l\u2019espace et l\u2019action dans un va-et-vient constant entre la maquette enti\u00e8re du plateau et une vid\u00e9o en fond de sc\u00e8ne qui agrandit pour nous les d\u00e9tails film\u00e9s en direct.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<h4>Une heure dans la m\u00e9canique d\u2019Auschwitz<\/h4>\n<p>Pendant une heure \u2013 plus serait insupportable -, sans interpr\u00e9ter, ils nous montrent la m\u00e9canique de mise \u00e0 mort \u00e0 l\u2019\u0153uvre lors d\u2019une \u00ab\u00a0journ\u00e9e ordinaire\u00a0\u00bb : le travail abrutissant qui asservit, la gamelle que l\u2019on racle d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 la recherche d\u2019une soupe incertaine, le banquet alcoolis\u00e9 des gardiens, des pendaisons, l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un train et la s\u00e9lection (r\u00e9p\u00e9t\u00e9e deux fois). Rien n\u2019est occult\u00e9 de la chambre \u00e0 gaz ni des fours cr\u00e9matoires.<\/p>\n<h4>Les crissements de la mort<\/h4>\n<p>J\u2019ai v\u00e9cu l\u00e0 une exp\u00e9rience sensorielle, intellectuelle et \u00e9motionnelle extr\u00eamement marquante.<br \/>\n<strong>Sur le plateau,<\/strong> avec des mat\u00e9riaux simples (bois, carton ondul\u00e9, fil de fer, quelques lumi\u00e8res, des objets ), dans un style \u00ab\u00a0arte povera \u00bb, \u00e0 une petite \u00e9chelle mais visible par le public, le camp d\u2019Auschwitz est reconstitu\u00e9\u00a0: le portail et l\u2019inscription \u00ab\u00a0Arbeit macht frei \u00bb, la voie ferr\u00e9e et la rampe de s\u00e9lection, des baraquements, des barbel\u00e9s, des miradors. Le sol blanc \u00e9voque la glace de l\u2019hiver polonais.<br \/>\nUne foule de figurines group\u00e9es ou dispers\u00e9es sont contenues dans l\u2019enceinte\u00a0: quelques gardiens en uniforme allemand et pr\u00e8s de 3000 d\u00e9port\u00e9s aux visages diff\u00e9renci\u00e9s h\u00e9b\u00e9t\u00e9s, effray\u00e9s, en passe de d\u00e9shumanisation. Ils me rappellent les 10 000 visages d\u00e9coup\u00e9s dans des disques d\u2019acier, amoncel\u00e9s comme des tas de feuilles mortes dans les espaces vides du Mus\u00e9e juif de Berlin et que les visiteurs sont appel\u00e9s \u00e0 fouler aux pieds en provoquant des crissements impressionnants.<\/p>\n<p>Un va-et-vient d\u2019apparence ordinaire Trois marionnettistes (deux actrices et un plasticien concepteurs du projet) manipulent \u00e0 vue les figurines et font exister l\u2019espace et l\u2019action dans un va-et-vient constant entre la maquette enti\u00e8re du plateau et une vid\u00e9o en fond de sc\u00e8ne qui agrandit pour nous les d\u00e9tails film\u00e9s en direct. Pendant une heure \u2013plus serait insupportable-, sans interpr\u00e9ter, ils nous montrent la m\u00e9canique de mise \u00e0 mort \u00e0 l\u2019\u0153uvre lors d\u2019une journ\u00e9e \u00ab\u00a0ordinaire\u00a0\u00bb : le travail abrutissant qui asservit, la gamelle que l\u2019on racle d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 la recherche d\u2019une soupe incertaine, le banquet alcoolis\u00e9 des gardiens, des pendaisons, l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un train et la s\u00e9lection (r\u00e9p\u00e9t\u00e9e deux fois). Rien n\u2019est occult\u00e9 de la chambre \u00e0 gaz ni des fours cr\u00e9matoires. La cam\u00e9ra se prom\u00e8ne aussi sur les objets (la pelle \u00e0 neige, les valises et leur contenu, les bidons de Zyclon B\u2026).<br \/>\nQuand elles passent de la rampe \u00e0 la \u00ab\u00a0douche \u00bb, les figurines d\u00e9shabill\u00e9es deviennent de la r\u00e9sine transparente. Ailleurs un charnier laisse d\u00e9couvrir des corps en terre glaise\u00a0: \u00e0 chaque \u00e9tape son mat\u00e9riau.<br \/>\nAucun texte, aucun cri, mais un travail du son v\u00e9riste et gla\u00e7ant qui fait se succ\u00e9der des chants martiaux allemands, le grincement d\u2019une pelle ou d\u2019une porte , le bruit du vent et des chacals, le son amplifi\u00e9 des coups mortels ou du gaz dont on remplit les douches. La dur\u00e9e ou la r\u00e9p\u00e9tition de certains sons et de certaines actions sugg\u00e8rent l\u2019an\u00e9antissement de masse.<\/p>\n<h4>Une exp\u00e9rience sid\u00e9rante<\/h4>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience visuelle et auditive s\u2019av\u00e8re \u00e9prouvante car nous p\u00e9n\u00e9trons le camp et sommes aux c\u00f4t\u00e9s des d\u00e9port\u00e9s et de leurs bourreaux. Mais la pr\u00e9sence des trois acteurs et le retour \u00e0 la lumi\u00e8re des projecteurs entre deux moments film\u00e9s permettent une respiration et \u00e9loignent le pathos. A la fin, le public,litt\u00e9ralement sid\u00e9r\u00e9, laisse du temps avant d\u2019applaudir. L\u2019invitation des com\u00e9diens \u00e0 venir voir de plus pr\u00e8s le d\u00e9cor et \u00e0 discuter avec eux, permet un soulagement suppl\u00e9mentaire.<br \/>\nCe spectacle, bouleversant pour la petite-fille de d\u00e9port\u00e9 que je suis, est, pour un tel sujet, exemplaire de la juste tension \u00e0 trouver entre r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te sans laquelle la v\u00e9rit\u00e9 historique n\u2019existe pas et plan symbolique qui rend le d\u00e9sespoir supportable, si cet oxymore a un sens.<\/p>\n<ul>\n<li>Th\u00e9\u00e2tre\u00a0: Kamp, mise en sc\u00e8ne de l\u2019H\u00f4tel Modern (cr\u00e9dit photographique Simon Froment\u00e8ze).<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9dig\u00e9 par Reine. <img decoding=\"async\" src=\"\/public\/.Kamp-3_s.jpg\" alt=\"\" style=\"float:left; margin: 0 1em 1em 0;\" title=\", oct. 2013\" \/><\/p>\n<h4>Kamp, une pi\u00e8ce de l\u2019H\u00f4tel Modern :<br \/>\nles images manquantes d&rsquo;Auschwitz<\/h4>\n<p>Le 21 septembre j\u2019ai assist\u00e9, au 104 \u00e0 Paris, \u00e0 la repr\u00e9sentation de <em>Kamp<\/em> par la troupe hollandaise Hotel Modern.<br \/>\nTrois marionnettistes (deux actrices et un plasticien concepteurs du projet) manipulent \u00e0 vue les figurines et font exister l\u2019espace et l\u2019action dans un va-et-vient constant entre la maquette enti\u00e8re du plateau et une vid\u00e9o en fond de sc\u00e8ne qui agrandit pour nous les d\u00e9tails film\u00e9s en direct.<\/p>\n<p> <a href=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/kamp-par-l%e2%80%99hotel-modern\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[18,19,20],"class_list":["post-13","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-culture","tag-antisemitisme-2","tag-shoah","tag-theatre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":122,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13\/revisions\/122"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}