{"id":1926,"date":"2020-05-11T10:40:15","date_gmt":"2020-05-11T09:40:15","guid":{"rendered":"http:\/\/maclarema.fr\/blog\/?p=1926"},"modified":"2020-05-11T10:40:15","modified_gmt":"2020-05-11T09:40:15","slug":"nazisme-et-management","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/nazisme-et-management\/","title":{"rendered":"Nazisme et management"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Libres d&rsquo;ob\u00e9ir<\/em>, c&rsquo;est le titre paradoxal de l&rsquo;essai publi\u00e9 par l&rsquo;historien Johann Chapoutot, avec le sous-titre\u00a0: <em>Le management, du nazisme \u00e0 aujourd&rsquo;hui<\/em>. (Essais, Gallimard, 2020)<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/LibresDobeir.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1937 alignleft\" src=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/LibresDobeir-181x300.jpeg\" alt=\"\" width=\"181\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/LibresDobeir-181x300.jpeg 181w, https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/LibresDobeir.jpeg 337w\" sizes=\"auto, (max-width: 181px) 100vw, 181px\" \/><\/a>Le nazisme s&rsquo;est en effet confront\u00e9, dans un empire en extension, au besoin de g\u00e9rer de mani\u00e8re rationnelle et efficace les rapports sociaux, dans l&rsquo;arm\u00e9e comme dans l&rsquo;industrie, pour limiter les pertes d&rsquo;\u00e9nergie, permettre un fonctionnement optimal et un d\u00e9veloppement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9.<br \/>\nPour assurer la domination allemande sur les territoires conquis, des id\u00e9ologues nazis comme Herbert Backe ont exploit\u00e9 les techniques d&rsquo;organisation du travail existantes, le fordisme (*) en particulier, les ont adapt\u00e9es \u00e0 leurs objectifs avec un vocabulaire et des moyens que certains pourront recycler apr\u00e8s la d\u00e9faite\u00a0: \u00ab\u00a0\u00e9lasticit\u00e9\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0performance\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0objectifs\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0mission\u00a0\u00bb&#8230;<br \/>\nVision d&rsquo;un monde sans merci o\u00f9 des intellectuels nazis d\u00e9ploient dans une rationalit\u00e9 manag\u00e9riale impeccable le projet d&rsquo;affamer les populations russes comme moyen de conqu\u00eate ou l&rsquo;organisation de la mise \u00e0 mort industrielle des Juifs d&rsquo;Europe. <!--more--><\/p>\n<p>De jeunes juristes, universitaires et fonctionnaires ambitieux du IIIe Reich (***), se confrontent \u00e0 ces questions\u00a0: comment limiter les cadres d&rsquo;une arm\u00e9e qui multiplie ses effectifs par plus de cinquante en quelques ann\u00e9es, comment propulser un d\u00e9veloppement industriel maximum alors que l&rsquo;arm\u00e9e absorbe une grande partie des hommes, comment les cadres dirigeants peuvent-ils r\u00e9duire les \u00e9chelons administratifs, comment obtenir des salari\u00e9s un engagement maximum\u00a0?<\/p>\n<p>Il en sortira un mod\u00e8le d&rsquo;organisation \u00ab\u00a0moderne\u00a0\u00bb assurant l&rsquo;efficacit\u00e9 de l&rsquo;entreprise nazie\u00a0: la conduite des hommes ( germains \u00e9videmment&#8230;) repose d&rsquo;abord sur la motivation, le consentement. Moins d&rsquo;Etat, plus d&rsquo;autonomie et d&rsquo;\u00e9lasticit\u00e9, plus d&rsquo;implication. Le pouvoir central, concentr\u00e9, reste fort, l&rsquo;ordre re\u00e7u ou la mission confi\u00e9e ne sont pas discutables, mais la \u00ab\u00a0libert\u00e9 germanique\u00a0\u00bb laisse le libre choix des moyens dans l&rsquo;accomplissement de la t\u00e2che.<\/p>\n<p>Pour optimiser la r\u00e9ussite des objectifs fix\u00e9s par le F\u00fchrer, les contr\u00f4les et \u00e9chelons administratifs sont r\u00e9duits, l&rsquo;appareil d&rsquo;Etat est marginalis\u00e9 par une multitude d&rsquo;agences sp\u00e9cialis\u00e9es, et, en lien direct avec le pouvoir central, une \u00ab\u00a0polycratie\u00a0\u00bb met en concurrence des initiatives r\u00e9pondant aux directives, laissant la place aux plus performants. Pour mobiliser les affects et soutenir les initiatives, un enr\u00f4lement id\u00e9ologique intense offre en p\u00e2ture aux foules allemandes la haine des Juifs et la satisfaction narcissique d&rsquo;appartenir \u00e0 une race sup\u00e9rieure promise \u00e0 dominer le monde.<br \/>\nC&rsquo;est dans ces conditions de darwinisme social (**) que Goebbels d\u00e9clenche \u00ab\u00a0la Nuit de cristal\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3><strong>Le mod\u00e8le d&rsquo;organisation nazi<\/strong><\/h3>\n<p>Johann Chapoutot rapporte de nombreux exemples de mise en application de ces principes et s&rsquo;attache en particulier \u00e0 la conception de <strong>Reinhard Hohn<\/strong>, juriste th\u00e9oricien du droit nazi. Celui-ci, comme d&rsquo;autres juristes allemands, d\u00e9veloppe une critique d\u00e9vastatrice de l&rsquo;Etat, vu comme celui des droits individuels, au profit de la libre \u00ab\u00a0communaut\u00e9 de peuple\u00a0\u00bb nationale-socialiste, dont le dirigeant, le F\u00fchrer, ne fait qu&rsquo;exprimer la volont\u00e9 du peuple\u00a0; il n&rsquo;a pas des sujets mais des compagnons qui le suivent, il est l&rsquo;incarnation de la libert\u00e9 germanique.<br \/>\nAu niveau \u00e9conomique, m\u00eame disposition, communaut\u00e9 des chefs et des ouvriers au sein de l&rsquo;entreprise, pas de lutte de classes mais des fr\u00e8res de race, sains, productifs et performants.<br \/>\nNotons que pour soutenir cette d\u00e9finition de l&rsquo;homme germanique, des pilules de m\u00e9thamph\u00e9tamines seront prescrites massivement aux soldats et ouvriers et que, dans une conception rationnelle d&rsquo;ing\u00e9nierie sociale, les \u00ab\u00a0\u00eatres non-performants\u00a0\u00bb seront st\u00e9rilis\u00e9s ou assassin\u00e9s. L&rsquo;homme performant, lui, travaillera dans la joie et des r\u00e9compenses stimulantes lui permettront de r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer sa force de travail\u00a0: promotions, avantages sociaux et loisirs int\u00e9gr\u00e9s organis\u00e9s.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0De 1933 \u00e0 1939, avant la guerre donc, ce sont 200 millions de Reichsmarks (pr\u00e8s d&rsquo;un milliard d&rsquo;euros actuels) qui sont d\u00e9pens\u00e9s, en fonds publics, pour am\u00e9liorer l&rsquo;\u00e9clairage, la ventilation, la nutrition des travailleurs, mais aussi pour cr\u00e9er des cantines, des salles de convivialit\u00e9, des biblioth\u00e8ques d&rsquo;entreprise, des concours de jeux et de sport.<\/em> \u00a0\u00bb<br \/>\n(<em>Libres d&rsquo;ob\u00e9\u00efr<\/em>\u00a0,p. 74)<br \/>\nCes s\u00e9duisantes attentions sont \u00e9videmment r\u00e9serv\u00e9es aux membres de \u00ab\u00a0la communaut\u00e9 du peuple\u00a0\u00bb. Lorsque l&rsquo;arm\u00e9e absorbe la majorit\u00e9 de ces hommes, ils sont remplac\u00e9s par 15 millions de travailleurs \u00e9trangers, prisonniers et d\u00e9port\u00e9s consid\u00e9r\u00e9s comme des ressources infra-humaines exploit\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 \u00e9puisement.<\/p>\n<h3><strong>Les deux vies de Reinhard H\u00f6hn<\/strong><\/h3>\n<p>Parmi tous les intellectuels allemands qui ont travaill\u00e9 sur le mod\u00e8le d&rsquo;organisation nazie, Reinhard Hohn se d\u00e9marque par une r\u00e9ussite sociale d&rsquo;une \u00e9tonnante long\u00e9vit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Sous le r\u00e9gime nazi<\/strong><br \/>\nN\u00e9 en 1904, ce jeune homme distingu\u00e9, travailleur acharn\u00e9 furieusement ambitieux, affiche tr\u00e8s t\u00f4t ses sympathies d&rsquo;extr\u00eame droite. Il adh\u00e8re d&rsquo;abord, durant ses \u00e9tudes, \u00e0 l&rsquo;Ordre Jeune-allemand, organisation antis\u00e9mite et anti-communiste, il rejoint en 1933 le parti nazi (NSDAP parti national socialiste de travailleurs allemands), et int\u00e8gre le Service des Renseignements avec pour mission de surveiller les opposants dans les universit\u00e9s, les administration et les entreprises.<br \/>\nIl enseigne aussi \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Heidelberg, o\u00f9 il soutient en 1934 une th\u00e8se en droit sur \u00ab\u00a0<em>le concept individualiste de l&rsquo;Etat et sa personnalit\u00e9 juridique\u00a0\u00bb<\/em>. Fil directeur\u00a0: l&rsquo;Etat n&rsquo;est pas l&rsquo;instance supr\u00eame, mais un simple instrument secondaire de la \u00ab\u00a0communaut\u00e9\u00a0\u00bb, c&rsquo;est la \u00ab\u00a0communaut\u00e9\u00a0\u00bb qui cr\u00e9e le peuple et la \u00ab\u00a0communaut\u00e9 du peuple\u00a0\u00bb qui cr\u00e9e l&rsquo;Etat.<br \/>\nCette id\u00e9e tombe \u00e0 pic\u00a0: elle entre parfaitement dans les vues d&rsquo;Hitler et permet rapidement \u00e0 H\u00f6hn, d&rsquo;une in\u00e9puisable \u00e9nergie intellectuelle, de grimper dans la hi\u00e9rarchie nazie. Ecart\u00e9 un moment de la direction des Services de renseignements par une faction concurrente, on le retrouve professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Berlin et directeur de l&rsquo;Institut de recherches sur l&rsquo;Etat, log\u00e9 dans les locaux de la SS, charg\u00e9 de r\u00e9fl\u00e9chir aux moyens d&rsquo;adapter les institutions au futur Grand Reich.<br \/>\nProt\u00e9g\u00e9 par Himmler, il est nomm\u00e9 colonel en 1939 et g\u00e9n\u00e9ral (Oberf\u00fchrer) en 1944\u00a0.<\/p>\n<p><strong>En R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale allemande<\/strong><br \/>\nCe beau parcours nazi aurait pu lui \u00eatre fatal apr\u00e8s la d\u00e9faite. Mais, pendant que tant d&rsquo;autres cadres SS fuient en d\u00e9bandade, Reinard H\u00f6hn reste tranquillement en Allemagne et se contente de se procurer des papiers d&rsquo;identit\u00e9 au nom de Rudolph Haeberlein. Ses filles l&rsquo;appellent \u00ab\u00a0Oncle Rudi\u00a0\u00bb et il trouve \u00e0 gagner sa vie en s&rsquo;\u00e9tablissant comme gu\u00e9risseur.. Cette situation un brin inconfortable ne va pas s&rsquo;\u00e9terniser, une loi d&rsquo;amnistie, en d\u00e9cembre 1949, le lave, ainsi que 800 000 autres nazis, de son pass\u00e9.<br \/>\nReinhard H\u00f6hn reprend son nom, il a gard\u00e9 ses r\u00e9seaux d&rsquo;anciens du service de renseignement SS, o\u00f9 il est appr\u00e9ci\u00e9 pour sa culture, ses comp\u00e9tences universitaires, ses talents d&rsquo;orateur et de p\u00e9dagogue.<br \/>\nOn le retrouve ainsi, en 1953, directeur d&rsquo;une sorte de \u00ab\u00a0think tank\u00a0\u00bb destin\u00e9 \u00e0 soutenir le d\u00e9veloppement industriel. Il en ressort le projet d&rsquo;une grande \u00e9cole de commerce destin\u00e9e aux cadres de l&rsquo;\u00e9conomie, et, en 1956, est inaugur\u00e9e une \u00e9cole de management de haut niveau, cr\u00e9\u00e9e et dirig\u00e9e par H\u00f6hn, l&rsquo;<em>Akademie f\u00fcr F\u00fchrungkr\u00e4fte<\/em>. Il y retrouve avec jubilation son statut social, et y accueille nombre d&rsquo;autres anciens cadres SS.<\/p>\n<p>Dans le cadre de la \u00ab\u00a0Reconstruction\u00a0\u00bb de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre, les conceptions du commandement et du management, d\u00e9velopp\u00e9es par H\u00f6hn et ses coll\u00e8gues dans la p\u00e9riode nazie, vont pouvoir se reconfigurer. Le \u00ab\u00a0management par d\u00e9l\u00e9gation de responsabilit\u00e9s\u00a0\u00bb, dont H\u00f6hn se fait le chantre, appara\u00eet alors comme l&rsquo;expression de la nouvelle culture d\u00e9mocratique\u00a0:<br \/>\nPas de subordonn\u00e9s mais des collaborateurs libres et autonomes, des rapports sociaux pacifiques pour une production optimis\u00e9e, un syst\u00e8me de cogestion et de concertation pour \u00e9viter toute opposition entre patrons et ouvriers. L&rsquo;Etat est au service de la modernit\u00e9 \u00e9conomique et l&rsquo;indiff\u00e9renciation croissante entre administration et entreprise, secteur public et secteur priv\u00e9, est la marque du progr\u00e8s.<\/p>\n<p>L&rsquo; <em>Akademie f\u00fcr F\u00fchrungkr\u00e4fte<\/em> devient le lieu incontournable de la formation des \u00e9lites, elle forme, jusqu&rsquo;\u00e0 la mort de son fondateur, en 2000, 600 000 cadres des principales soci\u00e9t\u00e9s allemandes, ainsi que 100 000 inscrits en formation \u00e0 distance. Son succ\u00e8s faiblit cependant dans le ann\u00e9es 1970, sans interrompre ses activit\u00e9s, lorsque le pass\u00e9 nazi de son directeur est r\u00e9v\u00e9l\u00e9, mais les poursuites contre l&rsquo;ancien g\u00e9n\u00e9ral SS Reinhard H\u00f6hn, soup\u00e7onn\u00e9 d&rsquo;\u00eatre impliqu\u00e9 dans un massacre de Polonais, sont abandonn\u00e9es faute de preuves. Les pr\u00e9suppos\u00e9s th\u00e9oriques de son enseignement sont aussi contest\u00e9s.<\/p>\n<p>En \u00e9pilogue, Johann Chapoutot analyse les limites de ce \u00ab\u00a0management\u00a0\u00bb qui a contribu\u00e9 au succ\u00e8s de l&rsquo;industrie allemande\u00a0: les dispositifs d&rsquo;organisation du travail pr\u00f4n\u00e9s par H\u00f6hn assurent l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;action de la communaut\u00e9 productive et la disqualification de la lutte des classes. Ils cachent ce qui constitue l&rsquo;ali\u00e9nation des \u00ab\u00a0collaborateurs\u00a0\u00bb : la seule libert\u00e9 r\u00e9side dans le choix des moyens, jamais celui des fins. Anxi\u00e9t\u00e9, \u00e9puisement, \u00ab\u00a0burn out\u00a0\u00bb, sont les effets psychosociaux destructeurs de cette responsabilit\u00e9 asservie.<\/p>\n<p>Cet aper\u00e7u sur la conduite des hommes th\u00e9oris\u00e9e par des juristes nazis, pr\u00e9cise Chapoutot, ne d\u00e9signe pas une origine nazie aux conceptions du moderne \u00ab\u00a0management\u00a0\u00bb ; les mod\u00e8les d&rsquo;organisation du travail ont fleuri dans les soci\u00e9t\u00e9s industrielles, en particulier aux Etats-Unis le fordisme, inspirateur des th\u00e9oriciens allemands. Mais il en pointe la surprenante adaptabilit\u00e9 de ses th\u00e8mes et leur permanence dans les formes contemporaines du \u00ab\u00a0management par objectifs\u00a0\u00bb, assujettissant des \u00ab\u00a0collaborateurs\u00a0\u00bb \u00e0 la responsabilit\u00e9 d&rsquo;une mission d\u00e9cid\u00e9e ailleurs, avec \u00ab\u00a0<em>la libert\u00e9 d\u2019ob\u00e9ir, l\u2019obligation de r\u00e9ussir<\/em>\u00ab\u00a0, mise en concurrence, \u00e9valuation, mesures de performance,&#8230;..<br \/>\nDans une vision productiviste du progr\u00e8s, les travailleurs, simples facteurs de production, sont devenus des \u00ab\u00a0ressources humaines\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ne devrait-on pas d&rsquo;abord, suivant l&rsquo;injonction de Primo Levi, consid\u00e9rer si ce sont des hommes\u00a0?<\/p>\n<p align=\"CENTER\">********<\/p>\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p>(*) Fordisme\u00a0: Le fordisme est un mod\u00e8le d&rsquo;organisation et de d\u00e9veloppement d&rsquo;entreprise d\u00e9velopp\u00e9 et mis en \u0153uvre en 1908 par Henry Ford (1863-1947) fondateur de l&rsquo;entreprise qui porte son nom. L&rsquo;objectif est d&rsquo;accro\u00eetre la productivit\u00e9 et la production gr\u00e2ce \u00e0 ces principes : division du travail, cha\u00eene de montage (travail \u00e0 la cha\u00eene), standardisation, production en s\u00e9rie, augmentation des salaires pour \u00e9viter la d\u00e9mission des ouvriers et les inciter \u00e0 consommer. (<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Fordisme\">Wikipedia<\/a>)<\/p>\n<p>(**) Darwinisme social\u00a0: d\u00e9signe toute doctrine ou th\u00e9orie pr\u00e9tendant pouvoir appliquer la th\u00e9orie \u00e9volutionniste de Darwin aux soci\u00e9t\u00e9s humaines. La \u00ab\u00a0lutte pour la vie\u00a0\u00bb entre les hommes, est consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;\u00e9tat naturel des relations sociales, et l&rsquo;\u00e9limination des moins aptes comme le r\u00e9sultat normal de la s\u00e9lection naturelle\u00a0. Cette id\u00e9ologie, \u00e9tendue aux rapports entre les nations, a \u00e9t\u00e9 dominante en Allemagne et en Autriche au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle\u00a0. (<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Darwinisme_social\">Wikipedia<\/a>)<\/p>\n<p>(***) IIIe Reich\u00a0: d\u00e9signe l&rsquo;\u00c9tat allemand nazi dirig\u00e9 par Adolf Hitler de 1933 \u00e0 1945.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Libres d&rsquo;ob\u00e9ir, c&rsquo;est le titre paradoxal de l&rsquo;essai publi\u00e9 par l&rsquo;historien Johann Chapoutot, avec le sous-titre\u00a0: Le management, du nazisme \u00e0 aujourd&rsquo;hui. 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