{"id":22,"date":"2014-01-24T15:32:00","date_gmt":"2014-01-24T15:32:00","guid":{"rendered":"http:\/\/maclarema.fr\/blog\/valse-avec-bachir\/"},"modified":"2015-12-02T09:29:04","modified_gmt":"2015-12-02T08:29:04","slug":"valse-avec-bachir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/valse-avec-bachir\/","title":{"rendered":"Valse avec Bachir"},"content":{"rendered":"<p class=\"post-info\">Par <a href=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/\">maclarema<\/a> le vendredi 24 janvier 2014, 15:32 &#8211; <a href=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/index.php?category\/culture\">culture<\/a><\/p>\n<ul class=\"post-tags\">\n<li><a href=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/index.php?tag\/film\">film<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/index.php?tag\/guerre\">guerre<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/index.php?tag\/Isra%C3%ABl\">Isra\u00ebl<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/index.php?tag\/Palestine\">Palestine<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>R\u00e9dig\u00e9 par Reine. <a href=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/t\u00e9l\u00e9chargement.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-189\" src=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/t\u00e9l\u00e9chargement.jpg\" alt=\"t\u00e9l\u00e9chargement\" width=\"225\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/t\u00e9l\u00e9chargement.jpg 225w, https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/t\u00e9l\u00e9chargement-150x150.jpg 150w, https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/t\u00e9l\u00e9chargement-60x60.jpg 60w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a><\/p>\n<h4>Valse avec Bachir<br \/>\n(film anim\u00e9 d\u2019Ari Folman)<\/h4>\n<p>Dans une forme nouvelle et unique *, Ari Folman nous entra\u00eene dans un souvenir confus de \u00ab\u00a0sa\u00a0\u00bb guerre au Liban au cours de l&rsquo;op\u00e9ration Paix en Galil\u00e9e (p\u00e9riode juin-septembre 1982), l&rsquo;ann\u00e9e de ses 19 ans.<br \/>\nEn 2006, il rencontre son ami Boaz qui \u00e9voque le cauchemar qu&rsquo;il fait toutes les nuits depuis deux ans\u00a0: des chiens effrayants aux yeux jaunes courent en hurlant et s\u00e8ment la terreur dans son quartier \u00e0 Tel-Aviv.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<h4>Un ressurgissement traumatique<\/h4>\n<p>Boaz pense qu&rsquo;il s&rsquo;agit des chiens qu&rsquo;il a tu\u00e9s pendant sa mobilisation au Liban. A partir de l\u00e0 Ari Folman se rend compte qu&rsquo;il a tout oubli\u00e9 de cette p\u00e9riode et se propose de remonter dans ses souvenirs. La sc\u00e8ne des chiens devient la sc\u00e8ne inaugurale de son film. Il \u00e9crit son sc\u00e9nario en six jours en 2007, au moment o\u00f9 il a demand\u00e9 \u00e0 ne plus \u00eatre .<br \/>\nLe psychoth\u00e9rapeute qu&rsquo;il rencontre \u00e0 cette occasion lui sugg\u00e8re, pour qu&rsquo;il parvienne \u00e0 affronter le pass\u00e9, de rencontrer ses compagnons d&rsquo;armes qui peut-\u00eatre pourront l&rsquo;aider \u00e0 y voir plus clair.<\/p>\n<h4>La qu\u00eate du pass\u00e9<\/h4>\n<p>Cette qu\u00eate du pass\u00e9, du r\u00f4le d&rsquo;Ari pendant la guerre est l&rsquo;objet du film qui se d\u00e9ploie comme une longue anamn\u00e8se (remont\u00e9e) psychanalytique. Il existe une tension entre des sc\u00e8nes r\u00e9alistes (interviews des amis nomm\u00e9s et dessin\u00e9s pr\u00e9cis\u00e9ment par exemple) et des sc\u00e8nes oniriques et fantasmatiques (son ami Cami sur un bateau au large de Beyrouth s&rsquo;imagine s\u00e9duire une immense sir\u00e8ne \u00e9rotique et maternelle surgie des flots; Ari au milieu de l&rsquo;a\u00e9roport de Beyrouth totalement vide se met \u00e0 r\u00eaver \u00e0 des voyages autour du monde en lisant les panneaux d&rsquo;annonce d\u00e9risoires).<\/p>\n<p>Le film \u00e9volue selon le surgissement des souvenirs: l&rsquo;attaque malheureuse d&rsquo;une voiture de civils, la mort d&rsquo;un enfant palestinien lanceur de roquettes dans une oliveraie, l&rsquo;odeur de patchouli d&rsquo;un camarade, les permissions \u00e0 Tel-Aviv o\u00f9 il erre comme un \u00e9tranger, la rupture d&rsquo;avec sa petite amie de l&rsquo;\u00e9poque. Le r\u00eave personnel r\u00e9current de l&rsquo;auteur, repr\u00e9sent\u00e9 dans des couleurs chaudes brun-orang\u00e9, rythme par 3 fois le r\u00e9cit, tel une \u00e9nigme du Sphinx: accompagn\u00e9 de deux soldats Ari flotte dans la mer tandis que Beyrouth est illumin\u00e9e par des fus\u00e9es. Les trois hommes sortent nus de l&rsquo;eau, remettent leurs uniformes, reprennent leurs armes et remontent vers le centre de Beyrouth en croisant des femmes en noir qui pleurent et hurlent.<\/p>\n<p>Par ailleurs le moment central du film explique le titre: lors d&rsquo;un combat \u00e0 un carrefour de Beyrouth son camarade Frenkel se met \u00e0 tirer tr\u00e8s longuement avec son arme en tournant sur lui-m\u00eame comme dans une valse, seul au monde et inconscient du danger, \u00e0 quelques m\u00e8tres d&rsquo;une immense affiche de Bachir Gemayel, le chef v\u00e9n\u00e9r\u00e9 des phalangistes chr\u00e9tiens, assassin\u00e9 peu avant. Une m\u00e9taphore des liens entre les Isra\u00e9liens et les Libanais chr\u00e9tiens qui luttaient contre les Palestiniens et les Syriens dans un contexte tr\u00e8s complexe de guerre civile au Liban?<\/p>\n<h4>Devoir de m\u00e9moire<\/h4>\n<p>A la fin du film <strong>con\u00e7u comme un devoir de m\u00e9moire<\/strong>, le cin\u00e9aste d\u00e9couvre qu&rsquo;en fait, post\u00e9 avec sa garnison sur des toits, il \u00e9clairait \u00e0 l&rsquo;aide de projecteurs et de fus\u00e9es les phalangistes qui avaient p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans les camps de Sabra et de Chatila pour y commettre les massacres que l&rsquo;on sait (16-17 septembre 1982). Cette d\u00e9couverte est pour Ari Folman l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;une profonde culpabilit\u00e9 qui avait enfoui dans son inconscient la r\u00e9alit\u00e9 de sa participation. Culpabilit\u00e9 individuelle, culpabilit\u00e9 collective. Tr\u00e8s \u00e9prouvante pour ces soldats <strong>qui sont souvent aussi<\/strong> <strong>des fils de d\u00e9port\u00e9s<\/strong>: les faits de 1982 sont mis en parall\u00e8le avec les r\u00e9cits sur la Shoah du p\u00e8re d&rsquo;Ari et par son ami psychanalyste Ori. On peut noter \u00e0 cet \u00e9gard que la sortie des survivants du camp de Sabra est trait\u00e9e visuellement de la m\u00eame fa\u00e7on que la photo de l&rsquo;enfant du ghetto de Varsovie.<br \/>\nA la fin, les images de la BBC, les seules <strong>r\u00e9elles<\/strong>, qui montrent la d\u00e9couverte des morts par leurs familles, jouent leur r\u00f4le d&rsquo;archives et sont une v\u00e9ritable claque pour le spectateur.<\/p>\n<h4>\u00ab\u00a0On tire et on pleure\u00a0\u00bb<\/h4>\n<p>Ce film bouleversant interroge, comme <em>Apocalypse now<\/em> de Coppola ou <em>Full metal jacket<\/em> de Kubrick, sur l&rsquo;absurdit\u00e9 de la guerre, sur ses atrocit\u00e9s, qui n&rsquo;\u00e9pargnent pas les civils et sur les traumatismes qu&rsquo;elle entra\u00eene chez les appel\u00e9s. Les moments d\u00e9cal\u00e9s \u2013 \u00ab\u00a0surr\u00e9alistes comme la guerre \u00bb, dit Ari Folman\u00a0\u00bb \u2013 po\u00e9tiques, permettent de tenir le choc.<br \/>\nCet opus, pr\u00e9sent\u00e9 en comp\u00e9tition officielle \u00e0 Cannes en 2008, Golden Globe Award, Oscar et C\u00e9sar du meilleur film \u00e9tranger en 2009, comment a-t-il \u00e9t\u00e9 per\u00e7u en Isra\u00ebl ?<br \/>\nD&rsquo;apr\u00e8s Uri Klein, journaliste au <em>Haaretz<\/em>, il a re\u00e7u un accueil plus r\u00e9serv\u00e9 que dans le reste du monde occidental. Il montre bien la difficult\u00e9 d&rsquo;\u00eatre soldat dans un contexte d&rsquo;occupation et questionne la m\u00e9moire isra\u00e9lienne. Le journaliste dit que la guerre au Liban de 1982 n&rsquo;est pas sujet tabou en Isra\u00ebl\u00a0: d&rsquo;ailleurs, la commission d&rsquo;enqu\u00eate isra\u00e9lienne Kahane a reconnu, pour les massacres, la responsabilit\u00e9 directe des phalangistes et indirecte d&rsquo;Ariel Sharon, oblig\u00e9 de d\u00e9missionner de son poste de ministre de la D\u00e9fense. En fait, ce film illustre bien l&rsquo;adage isra\u00e9lien &#8211; d\u00e9cri\u00e9 par certains soldats refuzniks &#8211; , \u00ab\u00a0en Isra\u00ebl on tire et on pleure \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Ari Folman, <em>Valse avec Bachir<\/em> (film d&rsquo;animation documentaire et autobiographique sorti en 2008, actuellement visible en DVD uniquement (pas de s\u00e9ance cin\u00e9ma).<\/li>\n<li><strong>Pour Ari Folman,<\/strong> voir les pages <em>Forces de paix, Cin\u00e9astes<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9dig\u00e9 par Reine. <img decoding=\"async\" src=\"\/public\/.18947035_s.jpg\" alt=\"Vase avec Bachir\" style=\"float:right; margin: 0 0 1em 1em;\" title=\"Vase avec Bachir, janv. 2014\" \/><\/p>\n<h4>Valse avec Bachir<br \/>\n(film anim\u00e9 d\u2019Ari Folman)<\/h4>\n<p>Dans une forme nouvelle et unique *, Ari Folman nous entra\u00eene dans un souvenir confus de \u00ab&nbsp;sa&nbsp;\u00bb guerre au Liban  au cours de l&rsquo;op\u00e9ration Paix en Galil\u00e9e (p\u00e9riode juin-septembre 1982), l&rsquo;ann\u00e9e de ses 19 ans.<br \/>\nEn 2006, il rencontre son ami Boaz qui \u00e9voque le cauchemar qu&rsquo;il fait toutes les nuits depuis deux ans&nbsp;: des chiens effrayants aux yeux jaunes courent en hurlant et s\u00e8ment la terreur dans son quartier \u00e0 Tel-Aviv.<\/p>\n<p> <a href=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/valse-avec-bachir\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[8,21,11,7],"class_list":["post-22","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-culture","tag-film","tag-guerre","tag-israel","tag-palestine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":190,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22\/revisions\/190"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}