{"id":31,"date":"2013-11-19T14:36:00","date_gmt":"2013-11-19T14:36:00","guid":{"rendered":"http:\/\/maclarema.fr\/blog\/une-femme-fuyant-lannonce\/"},"modified":"2015-11-29T12:41:45","modified_gmt":"2015-11-29T11:41:45","slug":"une-femme-fuyant-lannonce","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/une-femme-fuyant-lannonce\/","title":{"rendered":"Une femme fuyant l&rsquo;annonce"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"post-info\">Par <a href=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/\">maclarema<\/a> le mardi 19 novembre 2013, 14:36 &#8211; <a href=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/index.php?category\/culture\">culture<\/a><\/p>\n<ul class=\"post-tags\">\n<li><a href=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/index.php?tag\/guerre\">guerre<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/index.php?tag\/Isra%C3%ABl\">Isra\u00ebl<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/index.php?tag\/livre\">livre<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>R\u00e9dig\u00e9 par Reine.<\/p>\n<h4>Une femme fuyant l&rsquo;annonce \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0<img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/maclarema.blog.free.fr\/public\/poster_135853.jpg\" alt=\"une femme fuyant\" \/><br \/>\n(roman de David Grossman)<\/h4>\n<p>En hommage \u00e0 Uri Grossman, ce roman *, commenc\u00e9 en 2003, n\u2019a pas pu pr\u00e9munir son auteur de la mort de son fils tu\u00e9 lors de la guerre au Liban en 2006. Une postface de l\u2019\u00e9crivain \u00e9voque pudiquement cet \u00e9v\u00e8nement.<br \/>\nSi ces 650 pages (une masse que j\u2019ai fi\u00e9vreusement parcourue) pansent et pensent les blessures du romancier, elles r\u00e9ussissent aussi \u00e0 nous bouleverser et \u00e0 nous faire r\u00e9fl\u00e9chir sur la soci\u00e9t\u00e9 isra\u00e9lienne confront\u00e9e \u00e0 la guerre et \u00e0 la colonisation.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><strong>Deux p\u00e9riodes<\/strong> Deux p\u00e9riodes jalonnent le r\u00e9cit\u00a0: un prologue de 65 pages situ\u00e9 pendant la guerre des 6 jours en 1967. Trois adolescents de 15 ans Ora, Avram et Ilan sont les seuls patients d\u2019un h\u00f4pital, mis en quarantaine et abandonn\u00e9s aux soins d\u2019une infirmi\u00e8re, tandis que la guerre fait rage au-dehors. L\u2019isolement et la maladie les r\u00e9unissent, la fi\u00e8vre les fait d\u00e9lirer, ils imaginent m\u00eame qu\u2019Isra\u00ebl est tomb\u00e9 aux mains des Arabes. Ora (lumi\u00e8re en h\u00e9breu, pri\u00e8re en latin) tisse un lien amoureux avec les deux jeunes hommes et cette rencontre \u00ab\u00a0\u00e0 la Jules et Jim\u00a0\u00bb va marquer durablement leurs destins. En 2000, on retrouve Ora, 33 ans apr\u00e8s, pr\u00e8s de J\u00e9rusalem. Elle a \u00e9pous\u00e9 Ilan, et ils ont \u00e9lev\u00e9 deux fils, Adam et Ofer. Ilan, qui veut divorcer, l\u2019a quitt\u00e9e r\u00e9cemment \u00ab\u00a0pour jouer l\u2019adolescent \u00bb, dit-elle, et a emmen\u00e9 leur fils Adam avec lui en Am\u00e9rique du Sud. Ofer vient de terminer son service militaire et doit partir avec sa m\u00e8re faire une randonn\u00e9e en Galil\u00e9e pour f\u00eater sa d\u00e9mobilisation. Mais le destin s\u2019interpose\u00a0: Ofer, frustr\u00e9 d\u2019une \u00ab\u00a0vraie guerre\u00a0\u00bb , repart imm\u00e9diatement s\u2019enr\u00f4ler dans une offensive imminente au Liban. Ora, morte d\u2019angoisse, d\u00e9cide alors de fuir sa maison, persuad\u00e9e qu\u2019Ofer sera prot\u00e9g\u00e9 si elle est absente au moment de l\u2019annonce possible de sa mort. Pens\u00e9e magique qui lui permet d\u2019accomplir quand m\u00eame la randonn\u00e9e mais avec Avram, son ancien amant et v\u00e9ritable p\u00e8re d\u2019Ofer.<br \/>\nNous les suivons en Galil\u00e9e, terre po\u00e9tique par la beaut\u00e9 de ses paysages, de sa faune et de sa flore mais \u00e9galement territoire symbolique de tout l\u2019Etat d\u2019Isra\u00ebl, puisque Ora et Avram, dans leur p\u00e9riple, sont confront\u00e9s \u00e0 ses fronti\u00e8res et aux tombes des soldats qui y sont morts. L\u2019intime et le collectif se m\u00ealent \u00e9troitement\u00a0: la rencontre lors de la guerre des 6 jours en 1967, la d\u00e9tention d\u2019Avram pendant la guerre de Kippour en 1973, prisonnier des Egyptiens qui l\u2019ont tortur\u00e9, le d\u00e9part d\u2019Ofer au Liban. La condition difficile des Arabes isra\u00e9liens et des Palestiniens est \u00e9voqu\u00e9e \u00e0 travers les probl\u00e8mes de vie quotidienne que subissent l\u2019ami taxi d\u2019Ora et sa famille. La narration montre bien \u00e0 quel point la pens\u00e9e obs\u00e9dante de la guerre et la mauvaise conscience li\u00e9e \u00e0 l\u2019occupation des Territoires rejaillit sur la vie familiale et les relations humaines en g\u00e9n\u00e9ral. Gr\u00e2ce aux mots d\u2019Ora, la randonn\u00e9e conduit Avram \u00e0 se r\u00e9approprier son pass\u00e9 et le remet sur le chemin de la paternit\u00e9 et de l\u2019amour.<br \/>\nLa fin est ouverte, \u00e0 nous d\u2019imaginer ce qu\u2019il advient d\u2019Ofer, d\u2019Ora, d\u2019Avram, d\u2019Ilan et d\u2019Adam .<\/p>\n<p><strong>Un livre magnifique<\/strong><br \/>\nEn plus d\u2019\u00eatre passionnant par ses personnages et par les questions philosophiques et politiques qu\u2019il soul\u00e8ve, le livre est magnifiquement \u00e9crit, entrem\u00ealant po\u00e9sie et humour. Le discours oral et le monologue int\u00e9rieur t\u00e9moignent du style habituel de l\u2019auteur, subtil, complexe et cependant accessible au lecteur qui peut s\u2019en impr\u00e9gner sensuellement.<br \/>\nDavid Grossman touche ainsi \u00e0 l\u2019universel avec le portrait de cette \u00ab\u00a0mater dolorosa\u00a0\u00bb qui ne se laisse pas abattre et lutte contre la peur de la mort avec ses paroles et sa formidable vitalit\u00e9. Elle est bien s\u00fbr l\u2019avatar principal du romancier qui transcende son deuil par cet hymne \u00e0 la vie. Une immense le\u00e7on d\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>David Grossman, Une femme fuyant l&rsquo;annonce (Le Seuil, 2010, publi\u00e9 en Isra\u00ebl en 2008).<\/li>\n<li>Pour la biographie de David Grossman, voir le <em>site maclarema<\/em> (chapitre Forces de paix, Ecrivains engag\u00e9s).<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"\/public\/poster_135853.jpg\" alt=\"une femme fuyant\" style=\"float:right; margin: 0 0 1em 1em;\" title=\"une femme fuyant, nov. 2013\" \/> R\u00e9dig\u00e9 par Reine.<\/p>\n<h4>Une femme fuyant l&rsquo;annonce<br \/>\n(roman de David Grossman)<br \/><\/h4>\n<p>En hommage \u00e0 Uri Grossman, ce roman *, commenc\u00e9 en 2003, n\u2019a pas pu pr\u00e9munir son auteur de la mort de son fils tu\u00e9 lors de la guerre au Liban en 2006. Une postface de l\u2019\u00e9crivain \u00e9voque pudiquement cet \u00e9v\u00e8nement.<br \/>\nSi ces 650 pages (une masse que j\u2019ai fi\u00e9vreusement parcourue) pansent et pensent les blessures du romancier, elles r\u00e9ussissent aussi \u00e0 nous bouleverser et \u00e0 nous faire r\u00e9fl\u00e9chir sur la soci\u00e9t\u00e9 isra\u00e9lienne confront\u00e9e \u00e0 la guerre et \u00e0 la colonisation.<\/p>\n<p> <a href=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/une-femme-fuyant-lannonce\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[21,11,16],"class_list":["post-31","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-culture","tag-guerre","tag-israel","tag-livre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=31"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":120,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31\/revisions\/120"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=31"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=31"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=31"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}