{"id":3581,"date":"2024-02-23T12:14:36","date_gmt":"2024-02-23T11:14:36","guid":{"rendered":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/?p=3581"},"modified":"2024-03-31T11:17:05","modified_gmt":"2024-03-31T10:17:05","slug":"representer-lirrepresentable-reflexion-a-partir-du-film-la-zone-dinteret-de-jonathan-glazer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/representer-lirrepresentable-reflexion-a-partir-du-film-la-zone-dinteret-de-jonathan-glazer\/","title":{"rendered":"Repr\u00e9senter l&rsquo;irrepr\u00e9sentable? R\u00e9flexion \u00e0 partir du film \u00ab\u00a0La zone d&rsquo;int\u00e9r\u00eat\u00a0\u00bb de Jonathan Glazer"},"content":{"rendered":"<p>Grand prix du jury du dernier festival de Cannes (2023) ce film n&rsquo;en finit pas de faire parler, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il rencontre, semble-t-il, un grand succ\u00e8s public depuis sa sortie. Et de remettre en exergue la probl\u00e9matique soulev\u00e9e par Claude Lanzmann* qui, au moment de la sortie de <em>la Liste de Schindler<\/em> de Steven Spielberg, d\u00e9clare dans un article du journal <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/archives\/article\/1994\/03\/03\/a-propos-de-la-liste-de-schindler-dernier-film-de-steven-spielberg-holocauste-la-representation-impossible_3801953_1819218.html#\">Le Monde du 3 mars 1994<\/a> : \u00ab\u00a0Un certain absolu de l&rsquo;horreur est intransmissible. Pr\u00e9tendre le faire avec la fiction, c&rsquo;est se rendre coupable de la plus grande transgression. Pour t\u00e9moigner il faut inventer une forme nouvelle. Spielberg a choisi de reconstruire, c&rsquo;est-\u00e0-dire de fabriquer des archives\u00a0\u00bb. Et de rajouter plus tard qu&rsquo;il ne veut surtout pas expliquer l&rsquo;Holocauste,- \u00ab\u00a0il y a une obsc\u00e9nit\u00e9 du projet de comprendre\u00a0\u00bb- , dit-il, mais juste montrer sans rien prouver, \u00ab\u00a0on ne discute pas avec les n\u00e9gationnistes\u00a0\u00bb. (Le Monde, 12 juin 1997).<\/p>\n<div id=\"attachment_3600\" style=\"width: 460px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/4YVODLAPUZD5HIZLW6SQDMUMMA-e1708447733648.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3600\" class=\"size-full wp-image-3600\" src=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/4YVODLAPUZD5HIZLW6SQDMUMMA-e1708447733648.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"250\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3600\" class=\"wp-caption-text\">Image du film<\/p><\/div>\n<p>Dans ce d\u00e9bat le film de Jonathan Glazer, pr\u00e9sent\u00e9 comme une fiction collant au plus pr\u00e8s<br \/>\n\u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 historique, inspir\u00e9e tr\u00e8s vaguement du livre \u00e9ponyme de Martin Amis*, est-il coupable de transgression? L&rsquo;oeuvre sert-elle le projet : montrer l&rsquo;horreur, en creux, du c\u00f4t\u00e9 nazi (ici dans la maison familiale de Rudolf H\u00f6ss*, constructeur et chef du camp d&rsquo;Auschwitz entre 1940 et 1944) ou au contraire profite-t-elle de ce sujet hautement sensible pour mettre en valeur une sorte de \u00ab\u00a0kitsch de l&rsquo;horreur\u00a0\u00bb, quitte \u00e0 trahir son sujet?<!--more--><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>La villa des H\u00f6ss<\/strong>, entour\u00e9e d&rsquo;un splendide jardin, est adoss\u00e9e au mur du camp d&rsquo;Auschwitz 1. Elle fait partie de la zone d&rsquo;int\u00e9r\u00eat (Interessengebeit), une zone de 40 km2 autour du camp comprenant les bureaux de l&rsquo;administration nazie, des entrep\u00f4ts et la villa du commandant. Le film montre la vie quotidienne des parents H\u00f6ss, de leurs cinq enfants, de leur chien et de leurs nombreux domestiques polonais. On les suit au gr\u00e9 de baignades dans une rivi\u00e8re ou dans la piscine construite dans le jardin, de jeux, de repas, de la f\u00eate d&rsquo;anniversaire du p\u00e8re. La vie quotidienne est organis\u00e9e au cordeau par Hedwig H\u00f6ss, la m\u00e8re, qui veille au respect de l&rsquo;ordre \u00e9tabli, une vraie \u00ab\u00a0reine d&rsquo;Auschwitz\u00a0\u00bb, comme la surnomme son mari. Pour \u00e9loigner tout affect, Jonathan Glazer, qui a tourn\u00e9 \u00e0 Auschwitz dans la maison des H\u00f6ss, a install\u00e9 des cam\u00e9ras immobiles de surveillance qui font ressembler le d\u00e9cor ext\u00e9rieur \u00e0 un aquarium aux couleurs aqueuses, d\u00e9teintes et la vaste maison \u00e0 un labyrinthe de pi\u00e8ces dans des tons plus bruns. Les personnages paraissent des pantins vivant des situations st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es, comme sur des images d&rsquo;Epinal. \u00ab\u00a0Un vrai petit paradis\u00a0\u00bb dit la m\u00e8re, fi\u00e8re de ses enfants et de ses serres&#8230;sauf qu&rsquo;on est \u00e0 Auschwitz entre 1941 et 1944, et que seuls un portail et une barri\u00e8re s\u00e9parent l&rsquo;espace de la villa de celui du camp.<\/p>\n<div id=\"attachment_3618\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Capture.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3618\" class=\"wp-image-3618\" src=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Capture.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"496\" srcset=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Capture.jpg 670w, https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Capture-242x300.jpg 242w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3618\" class=\"wp-caption-text\">plan du camp Auschwitz 1\/ emplacement A la villa du commandant (en bas \u00e0 droite); emplacement M le \u00ab\u00a0Canada\u00a0\u00bb<\/p><\/div>\n<p>Celui-ci est mis en-dehors de l&rsquo;espace principal par le cin\u00e9aste, mais pas totalement hors-champ, puisqu&rsquo;il appara\u00eet m\u00e9tonymiquement, tel un fond de d\u00e9cor, par les barbel\u00e9s, un mirador, l&rsquo;arri\u00e8re de baraquements, des cendres surnageant dans la rivi\u00e8re ou servant d&rsquo;engrais aux fleurs, un train arrivant au loin sur une voie ferr\u00e9e, des fum\u00e9es grises le jour, rougeoyantes la nuit. La bande-son tr\u00e8s sophistiqu\u00e9e de Johnnie Burns, faite de sifflets de trains, de cris de douleur, d&rsquo;ordres hurl\u00e9s en allemand, d&rsquo;aboiements de chiens, de claquements de coups de feu, de ronflements de fours, ajoute une partition concr\u00e8te et plausible de l&rsquo;horreur invisibilis\u00e9e. Un critique des Cahiers du cin\u00e9ma dit \u00e0 juste titre:\u00a0\u00bb L&rsquo;image fixe la Gen\u00e8se, le son recherche l&rsquo;Apocalypse\u00a0\u00bb. Quelques \u00e9changes dialogu\u00e9s \u00e9galement st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s ont lieu entre les parents, avec leurs enfants, entre Hedwig et les domestiques, qui \u00e0 de rares moments d\u00e9rapent : les H\u00f6ss riant de plaisanteries idiotes en faisant des bruits de porcs, la m\u00e8re mena\u00e7ant une domestique de \u00ab\u00a0la faire r\u00e9duire en cendres\u00a0\u00bb par son mari si elle n&rsquo;ob\u00e9it pas, la m\u00e8re et deux amies riant du \u00ab\u00a0Canada\u00a0\u00bb*, lieu de toutes les spoliations d&rsquo;objets des d\u00e9tenus, convoit\u00e9s par ce trio de femmes. Un seul \u00e9v\u00e9nement trouble la qui\u00e9tude de la famille. En d\u00e9cembre 1943 le mari est appel\u00e9 \u00e0 Berlin en vue d&rsquo;une promotion et sa femme refuse de quitter \u00ab\u00a0son espace vital\u00a0\u00bb. La sc\u00e8ne se d\u00e9place alors \u00e0 Berlin et l&rsquo;on apprend que H\u00f6ss a re\u00e7u une nouvelle mission, revenir \u00e0 Auschwitz\u00a0 pour organiser l&rsquo;extermination de 400 000 Juifs hongrois (de mai \u00e0 juillet 1944).<br \/>\nDeux moments po\u00e9tiques nous sortent de cette atmosph\u00e8re oppressante : une fleur blanche film\u00e9e en gros plan grossit jusqu&rsquo;\u00e0 devenir un \u00e9cran rouge; ou encore lorsque le p\u00e8re lit\u00a0 <em>Hansel et Gretel<\/em> \u00e0 une de ses filles, on voit appara\u00eetre en n\u00e9gatif (avec une camera infra-rouge) une petite fille, telle la Gretel du conte de Grimm, qui s\u00e8me des sortes de cailloux sur des monticules de terre. On comprendra par la suite qu&rsquo;elle se confond avec une domestique qui sort la nuit de la villa pour lancer des pommes aux d\u00e9tenus (acte courageux qui s&rsquo;av\u00e9rera tragique).<br \/>\nAutre passage qui nous sort du film et pose question : un moment documentaire montrant des femmes de m\u00e9nage d&rsquo;aujourd&rsquo;hui nettoyant les vitrines du \u00ab\u00a0Canada\u00a0\u00bb* avec soin et indiff\u00e9rence. Ce qu&rsquo;est devenue la Shoah : une mus\u00e9ification soign\u00e9e amenant \u00e0 une sorte de voyeurisme touristique et d\u00e9tach\u00e9, le n\u00f4tre.<\/p>\n<p><strong>Quel est le projet de Jonathan Glazer?<\/strong> Nous montrer sans affect, de fa\u00e7on clinique, un couple ordinaire et m\u00e9diocre\u00a0 qui profite de l&rsquo;horreur-ils s&rsquo;enrichissent aussi en volant des biens des Juifs, un manteau de vison pour elle, des devises \u00e9trang\u00e8res pour lui. Un couple parvenu au sommet gr\u00e2ce au nazisme. Le p\u00e8re passe sans \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me de sa vie de famille -c&rsquo;est un bon p\u00e8re- au camp o\u00f9, dira plus tard de lui Robert Merle*, \u00ab\u00a0la mort est son m\u00e9tier\u00a0\u00bb. (1 million 400 000 personnes ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9es sous ses ordres). Le p\u00e8re agit mais n&rsquo;en montre rien, la m\u00e8re fait comme si elle ne savait pas. Ce que le film montre bien aussi c&rsquo;est la dimension \u00ab\u00a0manag\u00e9riale\u00a0\u00bb du nazisme dans sa gestion de la mise \u00e0 mort, ce que les historiens Raul Hillberg* et plus r\u00e9cemment Johan Chapoutot* (<a href=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/la-revolution-culturelle-nazie\/\">voir article de Claire<\/a>), ont magistralement d\u00e9montr\u00e9. La visite de deux ing\u00e9nieurs qui montrent \u00e0 H\u00f6ss les moyens d&rsquo;am\u00e9liorer les cadences est gla\u00e7ante. R\u00e9union de travail o\u00f9 l&rsquo;on parle non d&rsquo;hommes mais de \u00ab\u00a0St\u00fccke ou Sache\u00a0\u00bb (des morceaux, des choses), cette novlangue nazie qui permet de tout mettre \u00e0 distance, d&rsquo;\u00eatre capable en permanence de \u00ab\u00a0Sachlichkeit\u00a0\u00bb (objectivit\u00e9). L&rsquo;\u00e9motion est le sympt\u00f4me des faibles. A Berlin, dans un escalier sombre, loin des regards, H\u00f6ss vomit et on peut s&rsquo;interroger : faiblesse passag\u00e8re, \u00e9coeurement de sa nouvelle mission? Ou plut\u00f4t peur de n&rsquo;\u00eatre pas assez comp\u00e9tent? On sait qu&rsquo;Himmler s&rsquo;inqui\u00e9tait tr\u00e8s s\u00e9rieusement de la sant\u00e9 physique et mentale des bourreaux : car si \u00e0 l&rsquo;Est, pendant \u00ab\u00a0la shoah par balles\u00a0\u00bb, il s&rsquo;agissait d&rsquo;\u00e9liminer des populations orientales qui semblaient tr\u00e8s diff\u00e9rentes des bourreaux, l&rsquo;extermination des Juifs occidentaux leur ressemblant davantage s&rsquo;av\u00e9rait plus complexe et pouvait provoquer interrogations et faiblesses physiques et mentales du c\u00f4t\u00e9 des bourreaux.<br \/>\n<strong>Alors que penser de ce film?<\/strong> J&rsquo;avoue que je suis partag\u00e9e. C&rsquo;est une oeuvre tr\u00e8s int\u00e9ressante qui comble des images manquantes (ici la vie quotidienne d&rsquo;un haut grad\u00e9 nazi, responsable du centre de mise \u00e0 mort d&rsquo;Auschwitz). Historiquement le film est juste et pr\u00e9cis, il y a peu de mati\u00e8re fictionnelle. Sa mani\u00e8re de faire un pas de c\u00f4t\u00e9 (le camp film\u00e9 par un nouveau prisme) est novatrice.<br \/>\nMais justement c&rsquo;est un film malin, qui escamote habilement le probl\u00e8me de la repr\u00e9sentation directe du camp (que le film <em>Le Fils de Sa\u00fcl<\/em> en 2015 avait saisie frontalement) et use de proc\u00e9d\u00e9s esth\u00e9tiques forts : la prise de vues en grand angle, la mise en sc\u00e8ne, le son cr\u00e9\u00e9 apr\u00e8s la facture du film, les deux \u00e9crans noirs au d\u00e9but et \u00e0 la fin avec la musique cacophonique de Mica L\u00e9vi nous ram\u00e8nent au d\u00e9bat initial. L&rsquo;esth\u00e9tisation induit une sorte d&rsquo;hypnotisation du spectateur et un malaise culpabilisant. Cette famille pos\u00e9e l\u00e0 dans son appareil le plus v\u00e9riste, c&rsquo;est aussi nous qui ne voulons pas voir l&rsquo;horreur \u00e0 nos portes. Et l\u00e0 le proc\u00e9d\u00e9 peut devenir probl\u00e9matique. Car <strong>il peut, <\/strong>en superposant cet \u00e9v\u00e9nement majeur \u00e0 d&rsquo;autres actuels,<strong> oblit\u00e9rer la sp\u00e9cificit\u00e9 ontologique de la<\/strong> <strong>Shoah,<\/strong> \u00e0 savoir la volont\u00e9 d&rsquo;exterminer un peuple sur plusieurs continents par des proc\u00e9d\u00e9s industriels rationnellement conceptualis\u00e9s lors de la conf\u00e9rence de Wannsee de janvier 1942. Et faire de Rudolf H\u00f6ss un homme \u00ab\u00a0banal\u00a0\u00bb*, fonctionnaire z\u00e9l\u00e9 appliquant seulement les ordres sans id\u00e9ologie ni pens\u00e9e, Or H\u00f6ss \u00e9tait un id\u00e9ologue farouchement antis\u00e9mite comme son ami Martin Bormann*, et \u00e0 ce titre, l&rsquo;un des plus hauts responsables de cette extermination de masse.<br \/>\nDonc prenons garde \u00e0 la fascination que provoque ce film qui fait de nous devant ce spectacle (c&rsquo;en est un) des voyeurs ambivalents. Il n&rsquo;est pas anodin que ce film difficile, malgr\u00e9 le malaise qu&rsquo;il provoque, rencontre un tel succ\u00e8s public et critique. A la sortie de <em>Nuit et Brouillard<\/em> de Resnais et Cayrol en 1956, Jean Dutourd s&rsquo;inqui\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 de ce que \u00ab\u00a0dans les images les plus d\u00e9nonciatrices puisse se glisser le virus de la fascination\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong><em>La zone d&rsquo;int\u00e9r\u00eat<\/em> : en salles<\/strong><\/p>\n<p><strong>SOURCES<\/strong><\/p>\n<p>Le film de Jonathan Glazer<\/p>\n<p>Sur Rudolf H\u00f6ss : <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Rudolf_H%C3%B6ss\">article wikipedia<\/a><br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.geo.fr\/histoire\/qui-etait-rudolf-hoss-le-commandant-dauschwitz-installe-avec-sa-famille-dans-le-camp-dextermination-218708\">article G2O<\/a><\/p>\n<p>Sur le camp d&rsquo;Auschwitz :<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-le-monde-juif-1956-5-page-48.htm\"> site Cairn\u00a0<\/a><br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-revue-d-histoire-de-la-shoah1-2001-1-page-232.htm\">autre article<\/a> sur les \u00e9tapes de construction des camps<\/p>\n<p>Sur la repr\u00e9sentation de la Shoah :<a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/colan_0336-1500_1999_num_120_1_2930\"> article du site Pers\u00e9e<\/a><br \/>\narticle Le cas Kapo <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-d-histoire-de-la-shoah-2011-2-page-211.htm&amp;wt.src=pdf\">site Cairn<\/a><\/p>\n<p><strong>NOTES<\/strong><\/p>\n<p><strong>Claude Lanzmann<\/strong> (1925-2018) : r\u00e9sistant tr\u00e8s actif, journaliste, \u00e9crivain et cin\u00e9aste fran\u00e7ais. Il a \u00e9t\u00e9 directeur de la revue <em>les Temps modernes<\/em>, tr\u00e8s li\u00e9 au couple Sartre\/de Beauvoir. A produit une oeuvre majeure sur la Shoah : <em>Shoah<\/em> (1985), <em>Un vivant qui passe<\/em> (1994), <em>Sobibor<\/em> (2001), <em>Le dernier des injustes<\/em> (2013) et <em>Les quatre soeurs<\/em> (2018).<\/p>\n<p><strong>Martin Amis<\/strong> (1949-2023) : romancier britannique. A \u00e9crit deux romans concernant la Shoah : <em>Time&rsquo;s arrow or the nature of the offense<\/em> (1991) et <em>The zone of<\/em> <em>interest<\/em> (2014) o\u00f9 Paul Doll, sosie de H\u00f4ss, est pr\u00e9sent\u00e9 comme un bouffon grotesque et lubrique, alcoolique et assoiff\u00e9 de sang.<br \/>\nIronie de l&rsquo;histoire, Martin Amis est mort le jour de la projection du film \u00e0 Cannes.<\/p>\n<p><strong>Rudolf H\u00f6ss<\/strong> (1901-1947) : ing\u00e9nieur, impliqu\u00e9 avec son ami Bormann dans le meurtre en 1924 d&rsquo;un militant communiste, il \u00e9cope de 10 ans de prison (il en sort en 1928). Il adh\u00e8re tr\u00e8s t\u00f4t au parti nazi et s&rsquo;engage en 1934 dans la SS. C&rsquo;est un antis\u00e9mite virulent, proche d&rsquo;Himmler qui lui confie la construction du camp d&rsquo;Auschwitz qu&rsquo;il dirige de 1940 \u00e0 d\u00e9c 1943, puis de mai \u00e0 juillet 1944. Il est entendu au proc\u00e8s de N\u00fcremberg o\u00f9 il reconna\u00eet tous ses actes de fa\u00e7on tr\u00e8s froide,\u00a0 puis est livr\u00e9 aux Polonais qui le jugent et le pendent sur le lieu m\u00eame du camp en 1947. Il a \u00e9crit auparavant ses m\u00e9moires <em>Le commandant<\/em> <em>d&rsquo;Auschwitz\u00a0 parle<\/em>, livre dans lequel il gonfle les chiffres des morts, 2 millions 500 000 au lieu des 1 million 400 000 reconnus par les historiens. Une erreur que mettront \u00e0 profit les n\u00e9gationnistes.<\/p>\n<p><strong>Le Canada<\/strong> : lieu de stockage des objets spoli\u00e9s des d\u00e9tenus du camp situ\u00e9 \u00e0 l&rsquo; ouest du camp (d&rsquo;o\u00f9 son nom).<\/p>\n<p><strong>La Mort est mon m\u00e9tier<\/strong> (1976) : roman de Robert Merle dont Rudolf H\u00f6ss est le protagoniste, \u00e9crit sur la base des rapports des psychiatres\u00a0 et des minutes du proc\u00e8s de N\u00fcremberg.<\/p>\n<p><strong>Raul Hillberg<\/strong> (1926-2007 : historien am\u00e9ricain, auteur de <em>La Destruction des Juifs d&rsquo;Europe <\/em>(1961, 1988,2006 Gallimard Folio Histoire)<\/p>\n<p><strong>Johann Chapoutot<\/strong> (1978) : historien fran\u00e7ais sp\u00e9cialiste de l&rsquo;Allemagne nazie sur laquelle il publie de nombreux ouvrages. Parmi eux <em>La Loi du sang: penser et agir en nazi<\/em> (2014, Gallimard), <em>Libres d&rsquo;ob\u00e9ir : le management du nazisme \u00e0 aujourd&rsquo;hui<\/em> (2020, Gallimard)<\/p>\n<p><strong>Sur le concept de \u00ab\u00a0banalit\u00e9 du mal\u00a0\u00bb<\/strong> \u00e9labor\u00e9 par Hannah Arendt \u00e0 propos d&rsquo;Eichmann lors de son proc\u00e8s \u00e0 J\u00e9rusalem en 1960, il existe des controverses d&rsquo;historiens, dont J.Chapoutot ci-dessus nomm\u00e9, qui contredit, dans <em>la R\u00e9volution culturelle nazie<\/em>, cette interpr\u00e9tation de la philosophe. Pour lui Eichmann, en se d\u00e9crivant lui-m\u00eame comme un fonctionnaire z\u00e9l\u00e9, sans pens\u00e9e ni id\u00e9ologie, ob\u00e9issant seulement aux ordres, op\u00e8re une tactique de d\u00e9fense. De nombreuses archives attestent au contraire de son engagement antis\u00e9mite tr\u00e8s ancien.<\/p>\n<p><strong>Martin Bormann<\/strong> (1900-1945) : ami de H\u00f6ss, conseiller intime d&rsquo;Hitler qui lui conf\u00e8re des pouvoirs absolus. Il est le chef de la chancellerie et supervise tous les domaines de la politique et de l&rsquo;\u00e9conomie du Reich. Est d\u00e9sign\u00e9 comme successeur par Hitler en 1945. Apr\u00e8s le suicide d&rsquo;Hitler dans son bunker, il s&rsquo;enfuit dans Berlin mais est\u00a0 tu\u00e9, sans doute par des soldats russes. Il est condamn\u00e9 \u00e0 mort par contumace \u00e0 N\u00fcremberg pour crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Films sur la Shoah<\/strong> (liste non exhaustive) visibles en DVD<\/p>\n<p><strong><em>Nuit et Brouillard<\/em> <\/strong>(Resnais et Cayrol, 1956)\u00a0 \u00a0<strong><em>Kapo<\/em><\/strong> (Pontecorvo, 1960)\u00a0 \u00a0<strong><em>La Passag\u00e8re<\/em><\/strong> (Munket Lesiewcz, 1963)\u00a0 \u00a0<strong><em>Le Choix de Sophie<\/em><\/strong> (Pakula, 1982)\u00a0 \u00a0 <strong><em>Shoah<\/em><\/strong> (Lanzmann, 1985)<br \/>\n<strong><em>La Liste de Schindler<\/em><\/strong> (Spielberg, 1994)\u00a0 \u00a0 <strong><em>Bent<\/em> <\/strong>(Mathias, 1997)\u00a0 \u00a0<strong><em>La Vie est belle<\/em><\/strong> (Benigni, 1997)\u00a0 <strong><em>Train de vie<\/em><\/strong> (Mihaileanu, 1998)\u00a0 \u00a0<strong><em>Sobibor 14 octobre 1943, 16 heures<\/em><\/strong> (Lanzmann, 2001)\u00a0 \u00a0<strong><em>Le Fils de Sa\u00fcl<\/em> <\/strong>(Laszlo Nemes, 2015, Grand Prix du festival de Cannes)\u00a0 \u00a0 \u00a0 <strong><em>Evolution<\/em><\/strong> (Mundruazo, 2021)\u00a0 \u00a0 <em><strong>La Conf\u00e9rence<\/strong><\/em> (Geschonnek, 2022)<br \/>\n<strong>Shttl<\/strong>\u00a0 (Ady Walter, 2023)<\/p>\n<p>Sur le concept de \u00ab\u00a0management\u00a0\u00bb nazi comme m\u00e9taphore servant au concept de management actuel dans les entreprises, je vous conseille le livre de Fran\u00e7ois Emmanuel, <strong><em>La Question humaine<\/em> <\/strong>\u00a0(Le livre de poche, 2000), adapt\u00e9 au cin\u00e9ma par <strong>Nicolas Klotz<\/strong> (2007)\u00a0 m\u00eame titre, visible en DVD ou sur la plateforme Amazon prime video.<\/p>\n<p><strong>Rappel<\/strong> : autre oeuvre traitant de la Shoah du point de vue d&rsquo;un bourreau, <strong><em>Les<\/em> <em>Bienveillantes<\/em>,<\/strong> roman de Jonathan Littell (2006, Gallimard), qui a soulev\u00e9 de nombreuses pol\u00e9miques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Grand prix du jury du dernier festival de Cannes (2023) ce film n&rsquo;en finit pas de faire parler, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il rencontre, semble-t-il, un grand succ\u00e8s public depuis sa sortie. 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