{"id":3981,"date":"2025-06-27T17:33:50","date_gmt":"2025-06-27T16:33:50","guid":{"rendered":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/?p=3981"},"modified":"2025-06-27T17:35:20","modified_gmt":"2025-06-27T16:35:20","slug":"film-oui-ken-de-nadav-lapid-2025-presente-au-festival-de-cannes-2025","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/film-oui-ken-de-nadav-lapid-2025-presente-au-festival-de-cannes-2025\/","title":{"rendered":"Film Oui (Ken) de Nadav Lapid (2025) pr\u00e9sent\u00e9 au Festival de Cannes 2025, en salles le 17 septembre"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_3987\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/oui-nadav-lapid-1920x1075-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3987\" class=\"size-medium wp-image-3987\" src=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/oui-nadav-lapid-1920x1075-1-300x168.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"168\" srcset=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/oui-nadav-lapid-1920x1075-1-300x168.jpg 300w, https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/oui-nadav-lapid-1920x1075-1-1024x573.jpg 1024w, https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/oui-nadav-lapid-1920x1075-1-768x430.jpg 768w, https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/oui-nadav-lapid-1920x1075-1-1536x860.jpg 1536w, https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/oui-nadav-lapid-1920x1075-1.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3987\" class=\"wp-caption-text\">Y,<br \/>Photo du film<\/p><\/div>\n<p>Ce film a fait partie de la s\u00e9lection La Quinzaine des cin\u00e9astes \u00e0 Cannes en mai 2025, et j&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion de le voir en avant-premi\u00e8re \u00e0 Paris en pr\u00e9sence de l&rsquo;auteur. Il s&rsquo;agit du cinqui\u00e8me long m\u00e9trage de Nadav Lapid*. Le synopsis est simple. A Tel-Aviv, Y musicien de jazz. et Yasmine danseuse, qui vivent avec leur enfant d&rsquo;1 an et demi, pour gagner leur vie se vendent \u00e0 des soir\u00e9es d&rsquo;ultra riches. Au cours de ces f\u00eates orgiaques ils amusent la galerie,\u00a0 r\u00e9pondent \u00e0 tous les caprices des invit\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 la maltraitance (ramper, l\u00e9cher des bottes etc.), se prostituent en fin de soir\u00e9e chez des nantis en mal d&rsquo;affection. En un mot ils se soumettent, disent \u00ab\u00a0oui\u00a0\u00bb (ken en h\u00e9breu) \u00e0 tout.<!--more--><br \/>\nCette vie pr\u00e9caire ne va pas sans difficult\u00e9 dans la vie du couple. Et le b\u00e9b\u00e9 n\u00e9 le 7 octobre 2023 (comme le fils du cin\u00e9aste) assiste impuissant \u00e0 leurs disputes n\u00e9es de leurs diff\u00e9rences : car Y est comme \u00ab\u00a0accro\u00a0\u00bb \u00e0 la soumission, passif. Il enseigne\u00a0 \u00e0 son fils la r\u00e9signation comme seule voie du bonheur, quand Yasmine n&rsquo;y voit qu&rsquo;un moyen de s&rsquo;en sortir financi\u00e8rement. Leur vie change de trajectoire quand un haut grad\u00e9, chef de la propagande, demande \u00e0 Y de composer un nouvel hymne national pour encourager les soldats et la nation enti\u00e8re \u00e0 venger le pogrom du 7 octobre en d\u00e9truisant Gaza. Le musicien dispara\u00eet deux jours dans le d\u00e9sert pour trouver l&rsquo;inspiration, escapade au cours de laquelle il rencontre\u00a0 sur la route, par hasard, sa premi\u00e8re femme, L\u00e9ah, qui collecte les archives du 7 octobre. Ces retrouvailles suspendent le rythme effr\u00e9n\u00e9 du film mais tournent court. Sur fond de bombardements r\u00e9els \u00e0 Gaza, l&rsquo;amour romantique ne peut exister. Y finit par regagner Tel Aviv et \u00e9crit son hymne. La fin cependant apporte un peu de calme et un peu d&rsquo;espoir.<\/p>\n<p><strong>Nadav Lapid,<\/strong>\u00a0n\u00e9 en 1975, est isra\u00e9lien et vit en France depuis trois ans. Il a \u00e9crit le sc\u00e9nario au printemps 2023 et tourn\u00e9 son film en Isra\u00ebl en 2024, en pleine guerre \u00e0 Gaza. Tourner un film dans un pays en guerre contre les projets du gouvernement n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 facile, beaucoup de collaborateurs et acteurs se sont d\u00e9sist\u00e9s. Il est question ici d&rsquo;une fiction \u00ab\u00a0bouillonnante \u00a0\u00bb m\u00eal\u00e9e \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de la guerre. La sc\u00e8ne qui r\u00e9unit Y et son ancienne compagne sur la colline de l&rsquo;Amour a pour bande sonore les vrais bombardements. \u00ab\u00a0Attention \u00e0 la fiction qui reste enferm\u00e9e en elle-m\u00eame\u00a0\u00bb, dit le r\u00e9alisateur. \u00ab\u00a0Je ne pouvais garder la distance, je me demandais combien de morts entre le d\u00e9but et la fin de cette sc\u00e8ne du d\u00e9sert\u00a0\u00bb.<br \/>\nCe film met en sc\u00e8ne un monde de prostitution et de d\u00e9cadence g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es, qui ne se limite pas \u00e0 Isra\u00ebl. Les puissants ici, qu&rsquo;ils soient des hauts grad\u00e9s de l&rsquo;arm\u00e9e, des citoyens ultra fortun\u00e9s, \u00a0\u00bb l&rsquo;homme russe le plus riche du monde\u00a0\u00bb qui fait sortir en un \u00e9clair des immeubles de luxe du d\u00e9sert, ou tous ceux qui les courtisent pour des faveurs, sont montr\u00e9s dans toute leur obsc\u00e9nit\u00e9 et leur vulgarit\u00e9. Le rythme est effr\u00e9n\u00e9 et donne le tournis, certaines sc\u00e8nes sont \u00e9coeurantes (au sens premier du mot). La bouche joue un r\u00f4le important et multiple, elle ne sert plus \u00e0 se parler, mais \u00e0 chanter en \u00e9ructant, \u00e0 se goinfrer, \u00e0 embrasser goulument, \u00e0 l\u00e9cher, \u00e0 vomir. Le son est amplifi\u00e9, les couleurs criardes. Le cin\u00e9aste nous met volontairement mal \u00e0 l&rsquo;aise. Seule L\u00e9ah parle, un long monologue douloureux qui restitue pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;horreur du 7 octobre auquel Y ne r\u00e9pond que par son silence.<br \/>\nQuant \u00e0 l&rsquo;hymne demand\u00e9 \u00e0 Y, il n&rsquo;est pas fictionnel. L&rsquo;organisation Front civil\u00a0 a fait conna\u00eetre une nouvelle version de la chanson de 1948, Hareut* en l&rsquo;actualisant en hymne de vengeance. Dans le film on voit la vid\u00e9o d&rsquo;une chorale d&rsquo;enfants\u00a0 \u00ab\u00a0nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de la victoire\u00a0\u00bb, chantant r\u00e9ellement cet hymne.<br \/>\nLes acteurs principaux Ariel Bronz (Y), Efrat Dor (Yasmine) sont d\u00e9bordants d&rsquo;\u00e9nergie &#8230;et de passivit\u00e9 et Naama Preis (L\u00e9ah) est tr\u00e8s juste dans un rare moment d&rsquo;\u00e9motion.<br \/>\nDepuis <a href=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/le-policier-ha-shoter\/\"><em>le Policier<\/em> (voir l&rsquo;article de Maclarema)<\/a> Nadav Lapid sait nous d\u00e9ranger . Son cin\u00e9ma \u00e2pre, intelligent, tr\u00e8s politique et courageux t\u00e9moigne de sa grande boulimie cin\u00e9matographique; les nombreuses chansons font de \u00ab\u00a0Oui\u00a0\u00bb une trag\u00e9die musicale \u00e9nergique et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, dont la forme \u00e9pouse totalement le fond. Car \u00ab\u00a0comment filmer le chaos\u00a0\u00bb, ? se demande Nadav Lapid. La passivit\u00e9 que met en exergue le film est celle d&rsquo;Isra\u00e9liens sonn\u00e9s par le pogrom du 7 octobre et ses cons\u00e9quences sans fin. mais elle peut \u00eatre \u00e9tendue \u00e0 bien d&rsquo;autres soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9mocratiques qui affrontent une mont\u00e9e g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e du conservatisme et de l&rsquo;extr\u00eame droite ou sont menac\u00e9s par elle \u00e0 court terme.<\/p>\n<p><strong>En salles le 17 septembre 2025.<\/strong><\/p>\n<p><strong>NOTES<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nadav Lapid <\/strong>: n\u00e9 \u00e0 Tel-Aviv en 1975. Il est journaliste sportif, tout en \u00e9tudiant l&rsquo;histoire et la philosophie. En 2001 il fait une \u00e9cole de cin\u00e9ma en Isra\u00ebl apr\u00e8s avoir pass\u00e9 deux ans \u00e0 Paris. Son premier long m\u00e9trage <em>Le Policier<\/em> re\u00e7oit le prix sp\u00e9cial du jury \u00e0 Locarno en 2008, puis <em>L&rsquo;Institutrice<\/em> est s\u00e9lectionn\u00e9 \u00e0 Cannes en 2014. <em>Synonymes<\/em> est Ours d&rsquo;or \u00e0 la Berlinale de 2019. <em>Le Genou d&rsquo;Ahed<\/em> re\u00e7oit le prix du jury \u00e0 Cannes en 2021. Nadav lapid vit aujourd&rsquo;hui \u00e0 Paris avec sa compagne et son enfant n\u00e9 le 7 octobre 2023.<\/p>\n<p><strong>Hareut <\/strong>: chanson compos\u00e9e sur un po\u00e8me de Ha\u00efm Gouri en 1949 pour comm\u00e9morer les soldats tomb\u00e9s pendant la guerre de 1948-1949.<br \/>\nUne nouvelle version plus radicale d&rsquo;Ofer Rosenbaum et Shulamit Stolero a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite au d\u00e9but de 2024, en m\u00e9moire du 7 octobre, et est chant\u00e9e par une chorale d&rsquo;enfants habitant dans les zones frontali\u00e8res de Gaza. <a href=\"https:\/\/www.i24news.tv\/fr\/actu\/israel-en-guerre\/1700392737-israel-un-remake-de-la-chanson-hareut-chante-par-les-enfants-des-localites-proches-de-gaza\">(voir les paroles)<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce film a fait partie de la s\u00e9lection La Quinzaine des cin\u00e9astes \u00e0 Cannes en mai 2025, et j&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion de le voir en avant-premi\u00e8re \u00e0 Paris en pr\u00e9sence de l&rsquo;auteur. 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