{"id":4485,"date":"2026-06-15T13:06:42","date_gmt":"2026-06-15T12:06:42","guid":{"rendered":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/?p=4485"},"modified":"2026-06-15T13:06:42","modified_gmt":"2026-06-15T12:06:42","slug":"le-journal-de-guerre-de-marie-cohen-nee-mayer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/le-journal-de-guerre-de-marie-cohen-nee-mayer\/","title":{"rendered":"Le journal de guerre de Marie Cohen, n\u00e9e Mayer"},"content":{"rendered":"<p>Le 4 ao\u00fbt 1914, deux jours apr\u00e8s la mobilisation g\u00e9n\u00e9rale, Marie Cohen, n\u00e9e Mayer, \u00e2g\u00e9e de 74 ans, veuve d\u2019\u00c9mile Cohen, mon arri\u00e8re-arri\u00e8re-grand-m\u00e8re, ach\u00e8te un cahier d\u2019\u00e9colier \u00e0 la papeterie de Montmorency o\u00f9 elle loue une maison pour l\u2019\u00e9t\u00e9 et commence un journal. Elle le tiendra jusqu\u2019au 8 octobre 1918.<\/p>\n<div id=\"attachment_4483\" style=\"width: 235px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/famille-marie-mayer-cohen-vers-1873-Copie.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-4483\" class=\"wp-image-4483 size-medium\" src=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/famille-marie-mayer-cohen-vers-1873-Copie-225x300.png\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/famille-marie-mayer-cohen-vers-1873-Copie-225x300.png 225w, https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/famille-marie-mayer-cohen-vers-1873-Copie.png 256w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4483\" class=\"wp-caption-text\">Marie et ses sept enfants, vers 1872. En haut, de gauche \u00e0 droite : Eug\u00e8ne, Armand, Marie, Lucie. En bas : Hippolyte, Am\u00e9lie, Alice, Valentine.<\/p><\/div>\n<p>Elle y consignera ses \u00e9tats d\u2019\u00e2me et suivra, avec anxi\u00e9t\u00e9, les \u00ab\u00a0aventures\u00a0\u00bb de son fils Hippolyte, engag\u00e9 volontaire, et de ses petits-fils\u00a0: Emile, Marcel, Lucien puis Roger.<\/p>\n<p>Marie C. vit \u00e0 Paris. Elle est issue d\u2019une famille juive d\u2019Alsace et de Lorraine, plut\u00f4t ais\u00e9e, venue \u00e0 Paris au d\u00e9but du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Elle a \u00e9galement un arri\u00e8re-grand-p\u00e8re, Tobias Koen, immigr\u00e9 de Bavi\u00e8re \u00e0 la fin du 18<sup>e<\/sup>, chirurgien p\u00e9dicure de Napol\u00e9on et de Jos\u00e9phine ! Mari\u00e9e en 1857 \u00e0 17 ans avec Emile Cohen, juif allemand venant du Mecklembourg, tout au nord de la Conf\u00e9d\u00e9ration germanique, elle aura avec lui neuf enfants dont deux mourront vers l\u2019\u00e2ge de deux ans. Cela entre leur mariage en 1857 et la mort d\u2019Emile, vers 46 ans, en 1868\u00a0! Veuve donc \u00e0 28 ans, enceinte de sa derni\u00e8re fille, elle \u00e9l\u00e8ve seule sept enfants. Le surnom de \u00ab\u00a0m\u00e8re courage\u00a0\u00bb lui est rest\u00e9e dans la famille.<!--more--><\/p>\n<p>6 ao\u00fbt 1914<em> : La lecture des journaux est \u00e0 la fois terrifiante et r\u00e9confortante. Terrifiante par le bouleversement inou\u00ef que cette horrible guerre qui commence am\u00e8ne dans toute ou presque toute l\u2019Europe\u00a0; r\u00e9confortante parce qu\u2019on y dit que l\u2019Allemagne voit se dresser contre son arm\u00e9e les peuples qu\u2019elle pensait hypnotiser et r\u00e9duire par sa seule pr\u00e9sence. Mais h\u00e9las que de sang sera vers\u00e9, que de larmes seront r\u00e9pandues.<\/em><\/p>\n<p>Elle pense tout de suite \u00e0 son fils Hippolyte et cherche \u00e0 le rassurer. Hippolyte a 49 ans\u00a0; c\u00e9libataire, il vit \u00e0 Sousse en Tunisie o\u00f9 il est propri\u00e9taire des <em>Magasins Parisiens<\/em>. Ce qu\u2019ignore alors Marie, c\u2019est que son fils, malgr\u00e9 son \u00e2ge et l\u2019\u00e9loignement, va demander son incorporation.<\/p>\n<p>La mobilisation a lieu du 2 au 18 ao\u00fbt\u00a0: le 10, son petit-fils Lucien Lyon (22 ans), fils de Valentine, va rejoindre le 156<sup>\u00e8me<\/sup> de ligne bas\u00e9 \u00e0 Troyes. Marcel Cahen (31 ans), lieutenant de r\u00e9serve dans les chasseurs alpins \u00e0 Grenoble,<em> superbe de confiance patriotique, <\/em>est pr\u00eat \u00e0 partir. Quant \u00e0 \u00c9mile Cahen (32 ans), qui vit \u00e0 Madrid, il a demand\u00e9 lui aussi \u00e0 \u00eatre r\u00e9incorpor\u00e9. Marcel et Emile sont les fils de Lucie, sa fille ain\u00e9e.<br \/>\nMarie se d\u00e9sesp\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Les \u00e9motions du jour m\u2019avaient fatigu\u00e9 et j\u2019ai longuement dormi cette nuit d\u2019un lourd sommeil et en m\u2019\u00e9veillant j\u2019avais le regret de ne point m\u2019\u00eatre endormie pour toujours. Mes 74 ans en ont trop vu\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>La mort d\u2019Hippolyte Cohen, le fils de Marie, d\u00e8s 1914\u00a0: <\/strong><\/p>\n<p>Hippolyte Gaston Paul est n\u00e9 le 8 mars 1865 \u00e0 Paris 9<sup>e<\/sup>. N\u00e9gociant, il s\u2019est install\u00e9 \u00e0 Sousse en Tunisie alors sous protectorat fran\u00e7ais. La suite va \u00eatre \u00e9crite dans le journal de Marie.<\/p>\n<p>Marie apprend le 24 septembre, par un t\u00e9l\u00e9gramme du 22 envoy\u00e9 de Sousse par Hippolyte, qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9int\u00e9gr\u00e9 dans l\u2019arm\u00e9e comme lieutenant de r\u00e9serve et doit rejoindre le 4<sup>\u00e8me<\/sup> r\u00e9giment de zouaves en partant de Bizerte.<\/p>\n<p>25 novembre\u00a0: <em>J\u2019ai pu avant-hier aller embrasser Hippolyte \u00e0 Rosny-Sous-Bois o\u00f9, de Bizerte, il \u00e9tait arriv\u00e9 la veille \u00e0 3h. Il repartait de Rosny avant-hier 23 novembre et bient\u00f4t il va se battre. Il se dirigeait avec ses hommes, gais zouaves, \u00e0 Dunkerque, croyait-il. Et je l\u2019ai vu \u00e0 5h, montant dans le train qui l\u2019amenait l\u00e0-bas. Qu\u2019il aide \u00e0 la victoire qu\u2019on esp\u00e8re fermement et qu\u2019il ne soit pas trop long \u00e0 nous revenir\u00a0!<br \/>\n<\/em><em>Quoiqu\u2019il en doive \u00eatre j\u2019\u00e9tais bien heureuse de le voir, comme lui des quelques minutes<\/em> <em>qu\u2019il a<\/em> <em>pu me consacrer, ainsi qu\u2019\u00e0 Lucie, Valentine et Andr\u00e9 qui m\u2019avaient accompagn\u00e9e.<\/em><\/p>\n<p>Le 1<sup>er<\/sup> d\u00e9cembre, une carte-lettre d\u2019Hippolyte, lui demande <em>des v\u00eatements chauds et des paquets de tabac. Ces v\u00eatements \u00e9tant destin\u00e9s \u00e0 \u00e9changer ceux que j\u2019ai pour ne point me charger. Ma valise \u00e9tant mon sac sur mon dos\u2026<\/em><\/p>\n<p>Le 9 d\u00e9cembre, elle s\u2019inqui\u00e8te. Le 23, \u00e0 nouveau\u00a0: <em>J\u2019ai eu le 19 une lettre d\u2019Hippolyte dat\u00e9e du 12\u2026 J\u2019esp\u00e8re que j\u2019en recevrai bient\u00f4t.<\/em><\/p>\n<p>Puis le 7 janvier 1915, tr\u00e8s inqui\u00e8te mais se rassurant comme elle peut\u00a0: <em>Je n\u2019ai pas de lettres d\u2019Hippolyte depuis celle du 12 d\u00e9cembre. J\u2019aspire ardemment \u00e0 en recevoir mais je sais que bien des familles attendent celles des leurs longtemps. Je crois Hippolyte en Belgique et, s\u2019il est l\u00e0, le pays inond\u00e9 et ravag\u00e9, doit rendre les communications bien difficiles et lentes.<\/em><\/p>\n<p>Malheureusement, le 16 janvier 1915\u00a0: <em>H\u00e9las\u00a0! je les ai eues ces nouvelles de mon dernier fils\u00a0! Il a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 le 15 d\u00e9cembre. Je n\u2019ai pas encore d\u2019autres d\u00e9tails. Avant-hier m\u2019est venu un envoy\u00e9 de la mairie m\u2019annoncer mon malheur. Mes filles attentives tendrement comme toujours ont su emp\u00eacher qu\u2019il parv\u00eent jusqu\u2019\u00e0 moi et c\u2019est elles qui m\u2019ont dit que leur fr\u00e8re Hippolyte \u00e9tait tomb\u00e9 au champ d\u2019honneur. (<\/em>Mention en marge<em>\u00a0: En Belgique au combat de saint Georges\u00a0? Qu\u2019importe\u00a0? je ne le verrai plus\u00a0!).<\/em><\/p>\n<p><em>Andr\u00e9 (<\/em><em>son gendre) <\/em><em>a \u00e9t\u00e9 \u00e0 Rosny au d\u00e9p\u00f4t du 4<sup>\u00e8me<\/sup> zouave pour t\u00e2cher d\u2019en savoir davantage mais n\u2019a rien su. Il faut attendre. J\u2019ai \u00e9crit hier matin au lieutenant-colonel commandant le 4<sup>\u00e8me<\/sup> zouave, et aussi au soldat Fournier, ordonnance d\u2019Hippolyte, pour les questionner. R\u00e9pondront-ils m\u00eame, si la mort ne les a pas fauch\u00e9s\u00a0? Enfin Hippolyte sans que rien l\u2019y obligeait, puisque ses 49 ans ne l\u2019appelaient plus sous les armes, a voulu servir son pays, a offert sa vie \u00e0 la Patrie et la Patrie l\u2019a prise. Il me faut m\u2019incliner devant cette mort glorieuse mais mes larmes ne s\u2019en peuvent tarir et je pleure, c\u2019est mon sort.<\/em><\/p>\n<p><em>Que ce cher fils et mon neveu Pierre* soient les seules victimes de notre famille\u00a0! Je le veux fermement croire et ce sera, n\u2019est-ce pas\u00a0? Braves petit-fils vers qui va mon c\u0153ur d\u00e9j\u00e0 bris\u00e9 si souvent et toujours r\u00e9sistant. Je m\u2019endormirais si volontiers pour toujours\u00a0!<\/em><\/p>\n<p>Marie n\u2019aura de cesse de connaitre le lieu et les circonstances de la mort de son fils. Elle aura quelques r\u00e9ponses et notamment celle du chef de compagnie\u00a0: <em>C\u2019est bien \u00e0 l\u2019attaque du 14 d\u00e9cembre qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 mortellement frapp\u00e9 ainsi que 50 de ses camarades*\u2026 Il aurait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 sur le coup\u2026 Par suite du peu de distance qui s\u00e9parait les lignes nous n\u2019avons pu aller chercher son corps sans s\u2019exposer \u00e0 une mort certaine. Il a d\u00fb \u00eatre inhum\u00e9 par les Allemands\u2026 Sa cantine et son sac ont \u00e9t\u00e9 retourn\u00e9s au fort de Rosny qui doit les remettre \u00e0 sa famille\u2026<\/em><\/p>\n<p>Les <em>Archives Isra\u00e9lites<\/em> du 11 mars 1915 rendront compte de sa mort dans la rubrique <em>Echos isra\u00e9lites de la guerre\u00a0<\/em>:<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/encart-hyppolite-cohen-archives-israelites-11-mars-1915-Copie.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4484 aligncenter\" src=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/encart-hyppolite-cohen-archives-israelites-11-mars-1915-Copie-300x165.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"165\" srcset=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/encart-hyppolite-cohen-archives-israelites-11-mars-1915-Copie-300x165.png 300w, https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/encart-hyppolite-cohen-archives-israelites-11-mars-1915-Copie.png 423w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le 4 avril 1915, Marie s\u2019\u00e9meut des hommages re\u00e7us de Sousse\u00a0: <em>J\u2019ai eu des t\u00e9l\u00e9grammes et des lettres qui m\u2019ont r\u00e9p\u00e9t\u00e9 l\u2019estime de tous \u00e0 Sousse pour Hippolyte et l\u2019amiti\u00e9 de quelques-uns s\u2019exprimait en termes touchants qui me faisaient du bien tout en me faisant pleurer.<br \/>\n<\/em>Elle \u00e9crit\u00a0aussi, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e\u00a0: <em>C\u2019est une belle mort\u00a0! Mais je ne reverrai plus mon fils\u00a0!<\/em><\/p>\n<p>Hippolyte Cohen sera cit\u00e9 \u00e0 l\u2019ordre de l\u2019arm\u00e9e en octobre 1915 et recevra la croix de guerre\u00a0: <em>Comme il m\u00e9ritait bien cette croix de guerre pay\u00e9e de sa vie\u00a0! Qui n\u2019a pu \u00eatre d\u00e9cern\u00e9e qu\u2019\u00e0 un souvenir\u00a0!<\/em><\/p>\n<p>En 1929 encore, son neveu Roger Wahl cherchera \u00e0 connaitre le lieu de la s\u00e9pulture d\u2019Hippolyte. Le Minist\u00e8re des Pensions lui r\u00e9pondit\u00a0: \u00ab\u00a0il est \u00e0 pr\u00e9sumer que le corps du d\u00e9funt ne poss\u00e9dant plus de signes pouvant permettre sa reconnaissance aura \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 comme inconnu et transport\u00e9 comme tel \u00e0 l\u2019ossuaire du Mont Kemmel, pr\u00e8s d\u2019Ypres\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la mort d\u2019Hippolyte, le journal de Marie sera consacr\u00e9 \u00e0 suivre, avec angoisse, les diff\u00e9rentes affectations et localisations de ses petit-fils, leurs permissions, leurs hospitalisations, leurs blessures. Lucien, en tant qu\u2019ing\u00e9nieur \u00e9lectricien, sera affect\u00e9 aux t\u00e9l\u00e9communications. Emile et Marcel, eux aussi ing\u00e9nieurs, seront un moment affect\u00e9s aux tests et \u00e0 la mise au point des nouveaux chars Renault. Ils participeront \u00e9galement aux d\u00e9buts de l\u2019aviation militaire. On les verra combattre dans la Somme et \u00e0 Verdun. Roger, plus jeune, verra vite la fin de la guerre.<\/p>\n<p>Quelques exemples\u00a0de 1916, ann\u00e9e particuli\u00e8rement difficile :<br \/>\n14 juin 1916\u00a0: <em>\u00c9mile vient en permission. Je le trouve maigre, mine fatigu\u00e9e, mais il est indemne apr\u00e8s les terribles journ\u00e9es qu\u2019il a pass\u00e9es \u00e0 Verdun, \u00e0 Vaux. On ne peut que s\u2019estimer bien heureux de le voir en bonne sant\u00e9, sans blessures, d\u00e9cor\u00e9 de la croix de guerre.<br \/>\n<\/em>Le 16 juin\u00a0: <em>Je n\u2019ai pas vu Lucien depuis les premiers jours de janvier, ses parents ont pu lui faire une visite en f\u00e9vrier pr\u00e8s de Nancy, \u00e0 Saint Nicolas du Port o\u00f9 il venait d\u2019\u00eatre appel\u00e9 comme radiot\u00e9l\u00e9graphiste et d\u2019o\u00f9 brusquement il partait le 21 f\u00e9vrier pour Verdun \u2026 Si on le revoit sain et sauf, s\u2019il le reste jusqu\u2019\u00e0 la fin de cette longue et effroyable guerre, on sera trop heureux pour oser se plaindre de ses mois durs. H\u00e9las\u00a0! H\u00e9las\u00a0! Quand cette guerre prendra-t-elle fin\u00a0?<br \/>\n<\/em>Le 17 juin 1916\u00a0: <em>Marcel est en permission de 48h, heureux de revoir les siens, de passer deux journ\u00e9es dans son Paris. Il m\u2019assure que quoiqu\u2019en position, comme ils disent, dans l\u2019artillerie, sa batterie est dans un secteur calme. Est-ce la v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 l\u2019usage des pauvres vielles grands-m\u00e8res\u00a0? Croyons-l\u00e0. Il faut se forcer \u00e0 l\u2019espoir. <\/em><\/p>\n<p>Les quatre petits-fils de Marie survivront. Mais Emile en restera tr\u00e8s marqu\u00e9, sera sujet \u00e0 d\u00e9pression tout au long de sa vie, et Marcel mourra d\u00e8s 1930 des suites de probl\u00e8mes pulmonaires.<br \/>\nQuant \u00e0 Marie, cinq mois jour pour jour apr\u00e8s avoir mis le point final \u00e0 son journal, le 8 mars 1919, l\u2019ann\u00e9e de ses 80 ans, elle d\u00e9c\u00e8de. Si les combats ont cess\u00e9, la paix n\u2019est pas encore sign\u00e9e.<\/p>\n<p><strong><em>Notes\u00a0:<br \/>\n<\/em><\/strong><strong>Pierre Gaston Mayer<\/strong>, avocat au Conseil d\u2019\u00c9tat et \u00e0 la Cour de cassation, le neveu de Marie, fils de son fr\u00e8re Gaston Mayer, \u00e9poux de Fanny Levylier (1888-1944), papa de May, 5 ans, est tu\u00e9 \u00e0 30 ans d\u00e8s septembre 1914 en Meurthe et Moselle. Pendant la seconde guerre, sa femme Fanny sera assassin\u00e9e \u00e0 Auschwitz avec son second mari et leur fils, ainsi que sa m\u00e8re par le convoi 72. Le mari de May, Fran\u00e7ois Lyon Caen, avait \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 d\u00e8s 1943.<br \/>\n<strong>Hippolyte a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 avec 50 de ses camarades\u00a0: <\/strong>on voit l\u00e0 l\u2019h\u00e9catombe terrible de ce d\u00e9but de guerre.<br \/>\n<strong>Un article complet,<\/strong> relatant le journal de guerre de Marie Cohen paraitra prochainement dans la revue Genalo\u2019J du Cercle de G\u00e9n\u00e9alogie Juive<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 4 ao\u00fbt 1914, deux jours apr\u00e8s la mobilisation g\u00e9n\u00e9rale, Marie Cohen, n\u00e9e Mayer, \u00e2g\u00e9e de 74 ans, veuve d\u2019\u00c9mile Cohen, mon arri\u00e8re-arri\u00e8re-grand-m\u00e8re, ach\u00e8te un cahier d\u2019\u00e9colier \u00e0 la papeterie de Montmorency o\u00f9 elle loue une maison pour l\u2019\u00e9t\u00e9 et &hellip; <a href=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/le-journal-de-guerre-de-marie-cohen-nee-mayer\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[69],"tags":[40,30],"class_list":["post-4485","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire","tag-histoire","tag-identite"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4485","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4485"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4485\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4486,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4485\/revisions\/4486"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4485"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4485"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4485"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}