{"id":501,"date":"2016-05-03T11:25:34","date_gmt":"2016-05-03T10:25:34","guid":{"rendered":"http:\/\/maclarema.fr\/blog\/?p=501"},"modified":"2016-10-26T16:39:56","modified_gmt":"2016-10-26T15:39:56","slug":"colloque-lantisemitisme-en-france-xixe-xxie-siecle-jours-1-et-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/colloque-lantisemitisme-en-france-xixe-xxie-siecle-jours-1-et-2\/","title":{"rendered":"Colloque : l&rsquo;antis\u00e9mitisme en France XIXe-XXIe si\u00e8cle. Jours 1 et 2."},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/artfichier_723900_5302895_201511232809836.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-556 alignleft\" src=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/artfichier_723900_5302895_201511232809836-300x185.jpg\" alt=\"artfichier_723900_5302895_201511232809836\" width=\"300\" height=\"185\" srcset=\"https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/artfichier_723900_5302895_201511232809836-300x185.jpg 300w, https:\/\/maclarema.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/artfichier_723900_5302895_201511232809836.jpg 441w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Du 10 au 12 mars 2016 je me suis rendue \u00e0 ce colloque organis\u00e9 conjointement par le mus\u00e9e d&rsquo;art et d&rsquo;histoire du Juda\u00efsme et la Biblioth\u00e8que nationale de France. S&rsquo;y sont succ\u00e9d\u00e9 des sociologues, des historiens, des philosophes, des politologues, un journaliste, un psychanalyste, un inspecteur de l&rsquo;Education nationale et m\u00eame un archev\u00eaque. De tr\u00e8s nombreux et divers points d&rsquo;entr\u00e9e donc, mais pour partir (et finir) d&rsquo;une question unique et obs\u00e9dante : pourquoi, quelles que soient les circonstances historiques et g\u00e9o-politiques, la \u00ab\u00a0passion\u00a0\u00bb antis\u00e9mite resurgit-elle comme\u00a0un monstre prot\u00e9iforme? Comment analyser ce ph\u00e9nom\u00e8ne et y rem\u00e9dier?<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><strong>Au cours de la premi\u00e8re journ\u00e9e<\/strong>,\u00a0les intervenants sont partis de l&rsquo;Affaire Dreyfus (1894 -1906 ), moment crucial de l&rsquo;histoire de France o\u00f9 les Juifs de France, bien int\u00e9gr\u00e9s depuis leur \u00e9mancipation par la R\u00e9volution fran\u00e7aise, se retrouvent pi\u00e9g\u00e9s, non par un anti-juda\u00efsme s\u00e9culaire (juifs=d\u00e9icides), mais par un nouvel antis\u00e9mitisme racialiste diffus\u00e9 notamment par Drumont, auteur de <em>La France juive<\/em> (1886) , cr\u00e9ateur et directeur du journal la Libre Parole qui m\u00e8ne le combat anti-dreyfusard, et d\u00e9put\u00e9 officiellement antis\u00e9mite d&rsquo;Alger en 1898. Cette atmosph\u00e8re antis\u00e9mite pervertit l&rsquo;arm\u00e9e et la justice au plus haut niveau, comme le montre l&rsquo;historien <strong>Vincent Duclert<\/strong> et engendre l&rsquo;arrestation d&rsquo;un bouc \u00e9missaire, Alfred Dreyfus.<br \/>\nLes intellectuels des deux bords s&rsquo;affrontent et l&rsquo;historien <strong>Philippe Oriol<\/strong> nous propose un retour bien surprenant sur l&rsquo;un d&rsquo;eux, Bernard Lazare connu pour son engagement aux c\u00f4t\u00e9s de Dreyfus et auteur de <em>l&rsquo;Antis\u00e9mitisme, son histoire et ses causes\u00a0<del><\/del><\/em>(1894 ). Dans cet ouvrage de 400 pages, Lazare (qui est un anarchiste juif) questionne les causes de l&rsquo;antis\u00e9mitisme et\u00a0parmi elles isole dans quelques pages un\u00a0argument paradoxal et pol\u00e9mique, \u00e0 savoir que le juif lui-m\u00eame, poss\u00e9dant et anti-social, en est l&rsquo;un des facteurs. Sorti de son contexte, cet argument est\u00a0repris par Drumont et est aujourd&rsquo;hui amplifi\u00e9 et d\u00e9form\u00e9 par Alain Soral, antis\u00e9mite notoire, qui a fait publier la premi\u00e8re version du livre de Lazare.<\/p>\n<p><strong>La seconde journ\u00e9e<\/strong> commence par parcourir les ann\u00e9es 1930-40 o\u00f9 s&rsquo;installent\u00a0progressivement\u00a0les ingr\u00e9dients n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une id\u00e9ologie antis\u00e9mite menant \u00e0 la politique d&rsquo;Etat de Vichy. L&rsquo;historienne <strong>Jo\u00eblle Allouche-Benayoun<\/strong> rappelle un \u00e9pisode peu connu qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 \u00a0dans l&rsquo;Alg\u00e9rie coloniale : en ao\u00fbt 1934 \u00e0 Constantine une partie des Alg\u00e9riens arabes , qui ne b\u00e9n\u00e9ficiaient pas du d\u00e9cret Cr\u00e9mieux, ont \u00e9gorg\u00e9 des Fran\u00e7ais juifs sous l&rsquo;oeil indiff\u00e9rent ou discr\u00e8tement complice\u00a0des autorit\u00e9s fran\u00e7aises, faisant 25 morts et plusieurs dizaines\u00a0de bless\u00e9s. L&rsquo;intervenante rappelle quelques \u00e9l\u00e9ments importants : la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;Alg\u00e9rie, tr\u00e8s hi\u00e9rarchis\u00e9e, comprenait les Fran\u00e7ais m\u00e9tropolitains, les Juifs naturalis\u00e9s depuis le d\u00e9cret Cr\u00e9mieux (1870)*, les \u00e9trangers Espagnols et Maltais et tout en bas de l&rsquo;\u00e9chelle les Arabes. Les Juifs sont donc per\u00e7us par les Arabes comme privil\u00e9gi\u00e9s et comme ind\u00e9sirables par les colons fran\u00e7ais qui r\u00e9clament d\u00e8s 1871 l&rsquo;abolition du d\u00e9cret Cr\u00e9mieux et d\u00e8s les ann\u00e9es 30 la mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart\u00a0des Juifs d&rsquo;Alg\u00e9rie. De plus le nazisme attire des musulmans hostiles \u00e0 l&rsquo;implantation d&rsquo;un foyer juif en Palestine. D\u00e8s octobre 1940 s&rsquo;installe un antis\u00e9mitisme d&rsquo;Etat qui abroge le d\u00e9cret Cr\u00e9mieux\u00a0de sorte que\u00a0les relations des deux groupes indig\u00e8nes humili\u00e9s, juifs et arabes, s&rsquo;am\u00e9liorent au fur et \u00e0 mesure que la situation des Juifs se d\u00e9t\u00e9riore gravement. Les Juifs quitteront massivement l&rsquo;Alg\u00e9rie en 1962.<br \/>\nL&rsquo;historien <strong>Emmanuel Debono<\/strong> revient, quant \u00e0 lui, sur un \u00e9pisode peu connu qui se d\u00e9roule en France parall\u00e8lement \u00e0 la crise des Sud\u00e8tes en septembre 1938. Au moment o\u00f9 Hitler impose le rattachement au Reich des Sud\u00e8tes, territoire peupl\u00e9 d&rsquo;Allemands en Tch\u00e9coslovaquie, des r\u00e9fugi\u00e9s juifs affluent en masse par peur de la guerre.\u00a0Se r\u00e9pand alors, dans la France majoritairement\u00a0pacifiste, l&rsquo;image du juif belliciste qui veut entrer en guerre contre l&rsquo;Allemagne, affili\u00e9 \u00e0 une Internationale.\u00a0Des incidents antis\u00e9mites (violences contre les personnes, d\u00e9fil\u00e9s antis\u00e9mites) \u00e9clatent en France, surtout \u00e0 Paris et dans l&rsquo;Est, sans susciter de r\u00e9action du gouvernement ni\u00a0de la presse r\u00e9publicaine.<br \/>\n<strong>Laurent Joly,<\/strong> \u00e9galement historien, poursuit en questionnant le rapport entre la tradition antis\u00e9mite et la politique antis\u00e9mite de Vichy. \u00a0Entre les deux le lien de cause \u00e0 effet n&rsquo;est pas toujours si \u00e9vident. La d\u00e9naturalisation des juifs fran\u00e7ais pr\u00f4n\u00e9e par Maurras n&rsquo;est pas retenue dans le premier statut des juifs de 1940 qui semble plus s&rsquo;adapter \u00e0 l&rsquo;ordre nouveau venu d&rsquo;Allemagne qu&rsquo;\u00e0 une tradition x\u00e9nophobe. De m\u00eame Laval et Bousquet, hommes de gauche opportunistes, distinguent en 1942 les juifs fran\u00e7ais \u00e0 prot\u00e9ger des autres, devenus apatrides, livr\u00e9s aux Allemands.<br \/>\nDans son allocution tr\u00e8s concise, <strong>Carole Reynaud-Paligot<\/strong> montre comment l&rsquo;anthropologie (ou science des races) r\u00e9publicaine, n\u00e9e vers 1860 et emmen\u00e9e par Paul Broca, un darwiniste convaincu, \u00a0propose certes une vision in\u00e9galitaire des races, la race blanche (\u00e0 laquelle sont cens\u00e9s appartenir les Juifs) \u00e9tant sup\u00e9rieure aux autres, mais d\u00e9nu\u00e9e de tout antis\u00e9mitisme. En revanche\u00a0dans les ann\u00e9es 1920 deux courants s&rsquo;affrontent : l&rsquo;un socialisant (avec Paul Rivet h\u00e9ritier de \u00a0Broca) qui s&rsquo;engagera plus tard contre les th\u00e9ories nazies, l&rsquo;autre (avec Georges Montandon) qui d\u00e9veloppe peu \u00e0 peu un antis\u00e9mitisme racialiste. Montandon obtient d\u00e8s 1940 une chaire pour son cours sur \u00ab\u00a0l&rsquo;ethnie juive\u00a0\u00bbet s&rsquo;enrichit en \u00e9tablissant pour Vichy des certificats pseudo-scientifiques de race juive.<br \/>\nLa philosophe <strong>Danielle Cohen-Levinas<\/strong> met en regard des textes de Jank\u00e9l\u00e9vitch avec des textes\u00a0de Sartre et de Levinas. Pour Jank\u00e9l\u00e9vitch l&rsquo;antis\u00e9mitisme ne doit pas exister car \u00a0il est cr\u00e9\u00e9 de toutes pi\u00e8ces par les autres; les Juifs n&rsquo;\u00e9tant pas un groupe coh\u00e9rent, l&rsquo;antis\u00e9mitisme est donc un impens\u00e9 d&rsquo;une redoutable plasticit\u00e9 qui s&rsquo;avance \u00e0 coup\u00a0de m\u00e9tamorphoses. Mais une constante est tapie sous ces masques\u00a0:\u00a0l&rsquo;antis\u00e9mite reproche au Juif d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la fois semblable et diff\u00e9rent de lui. D&rsquo;o\u00f9 le caract\u00e8re particulier de l&rsquo;antis\u00e9mitisme qui n&rsquo;est pas un racisme parmi d&rsquo;autres fond\u00e9s sur la seule dissemblance. Consid\u00e9rer le juif, dit Levinas, c&rsquo;est\u00a0\u00bb retrouver l&rsquo;humanit\u00e9, le Juif dans tout homme\u00a0\u00bb. Levinas rejoint en cela Sartre pour qui l&rsquo;antis\u00e9mitisme \u00ab\u00a0est un effroi devant la condition humaine\u00a0\u00bb. \u00a0Sartre rejoint Jank\u00e9l\u00e9vitch quand il affirme que \u00ab\u00a0c&rsquo;est l&rsquo;antis\u00e9mite qui fait le Juif\u00a0\u00bb. Mais par l\u00e0-m\u00eame il conteste au juif son essence de Juif et s&rsquo;oppose \u00e0 Levinas qui revendique la \u00ab\u00a0difficile libert\u00e9\u00a0\u00bb de l&rsquo;identit\u00e9 juive; \u00ab\u00a0on est Juif, on ne le devient pas\u00a0\u00bb \u00e9crit-il.<br \/>\n<strong>L&rsquo;apr\u00e8s-midi<\/strong> des intervenants \u00e9largissent le propos en revenant sur les invariants de la pens\u00e9e antis\u00e9mite. Le philosophe <strong>Marc de Launay<\/strong> pr\u00e9cise la pens\u00e9e\u00a0maurassienne, qui, pour \u00eatre anti-juda\u00efque ne souhaite cependant pas la mort des Juifs, id\u00e9ologie d\u00e9volue au nazisme. Au cours des si\u00e8cles et aujourd&rsquo;hui encore on admet l&rsquo;existence des Juifs dans l&rsquo;histoire mais \u00e0 des conditions d\u00e9finies par d&rsquo;autres. La notion de \u00ab\u00a0peuple juif\u00a0\u00bb ne peut \u00eatre conceptualis\u00e9e, les groupes et les individus \u00e9tant \u00e9volutifs et divers.<br \/>\nLe sociologue <strong>Jean-Yves Camus<\/strong> montre comment apr\u00e8s 1945 l&rsquo;Action Fran\u00e7aise r\u00e9appara\u00eet d\u00e8s 1944 dans les premi\u00e8res r\u00e9unions et textes n\u00e9gationnistes, malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9puration. Le conflit alg\u00e9rien et l&rsquo;affaire du canal de Suez divisent cette nouvelle extr\u00eame droite sur l&rsquo;existence d&rsquo;Isra\u00ebl. Si des meneurs comme Bard\u00e8che (cousin de Brasillach) sont visc\u00e9ralement antisionistes, les catholiques int\u00e9gristes sont favorables \u00e0 l&rsquo;existence d&rsquo;Isra\u00ebl dans la mesure o\u00f9 il leur para\u00eet \u00eatre\u00a0une sentinelle du monde libre face au bloc de l&rsquo;Est. L&rsquo;antis\u00e9mitisme s&rsquo;installe en continuit\u00e9 au Front national, la propagande antis\u00e9mite du journal Rivarol \u00a0n&rsquo;ayant jamais \u00e9t\u00e9 interdite jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui.<br \/>\n<strong>Jean-Pierre \u00a0Winter<\/strong>, avec beaucoup d&rsquo;humour, aborde les invariants antis\u00e9mites sous l&rsquo;angle psychanalytique. Freud rejoint Hannah Arendt quand il \u00e9crit, dans <em>Mo\u00efse et le<\/em> <em>monoth\u00e9isme (1939)<\/em>, que \u00a0\u00bb l&rsquo;antis\u00e9mitisme provient de l&rsquo;inconscient des peuples les plus tardivement chr\u00e9tiens qui jalousent les Juifs arrogants parce qu&rsquo; \u00e9lus de Dieu\u00a0\u00bb. Cet antis\u00e9mitisme est le masque de leur anti-christianisme parce que le Christianisme \u00a0a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 \u00e0 ces peuples autrefois barbares. En outre l&rsquo;antis\u00e9mitisme, loin d&rsquo;\u00eatre un racisme de plus, rel\u00e8ve de la perversion mentale dans un d\u00e9ni de r\u00e9alit\u00e9 : l&rsquo;anti-dreyfusard par exemple savait que Dreyfus \u00e9tait innocent mais clamait le contraire. Le Juif devient le f\u00e9tiche de l&rsquo;antis\u00e9mite qui projette sur lui la douleur de la condition humaine. Par exemple certains musulmans, en traitant les Juifs de \u00ab\u00a0jud\u00e9o nazis\u00a0\u00bb prennent la place des victimes de la Shoah qu&rsquo;ils semblent envier. L&rsquo;antis\u00e9mite attribue au Juif des pouvoirs mythiques en refoulant ses peurs infantiles. Il est donc particuli\u00e8rement cliv\u00e9, donc pervers, donc inamendable. D&rsquo;o\u00f9, dit en souriant Jean-Pierre Winter, \u00a0\u00bb\u00a0je n&rsquo;ai jamais eu \u00e0 soigner de patient antis\u00e9mite, car il aurait fallu qu&rsquo;il ait un probl\u00e8me avec son antis\u00e9mitisme pour venir me consulter!\u00a0\u00bb<br \/>\nL&rsquo;historien <strong>Philippe Raynaud<\/strong> rappelle la tradition antis\u00e9mite de l&rsquo;extr\u00eame gauche fran\u00e7aise, de Fourier ou Toussenel (ann\u00e9es 1840) qui voient dans le juif \u00ab\u00a0Roi de l&rsquo;\u00e9poque\u00a0\u00bb le banquier mercantile \u00e0 combattre dans une lutte des classes qui s&rsquo;apparente \u00e0 \u00a0la lutte des races. \u00a0Marx affirme que l&rsquo;\u00e9mancipation juive\u00a0passe par la rupture avec le Juda\u00efsme\u00a0et dans son sillage, les Bolch\u00e9viques et r\u00e9volutionnaires d&rsquo;autres pays combattent le\u00a0sionisme jug\u00e9 nationaliste. Lors de l&rsquo;affaire Dreyfus, l&rsquo;extr\u00eame gauche se fond, mais de fa\u00e7on minoritaire, dans la n\u00e9buleuse anti-dreyfusarde. Actuellement en France l&rsquo;id\u00e9ologie post-coloniale de la gauche radicale\u00a0outrepasse parfois un\u00a0antisionisme politique qui se confond alors avec de l&rsquo;antis\u00e9mitisme. La c\u00e9cit\u00e9, et m\u00eame le d\u00e9ni d&rsquo;une partie des gauches devant l&rsquo;antis\u00e9mitisme des exclus (des banlieues en particulier) ne cesse d&rsquo;interroger et d&rsquo;inqui\u00e9ter.<br \/>\n<strong>Perrine Simon-Nahum<\/strong>, \u00e9galement historienne, s&rsquo;arr\u00eate sur les travaux de l&rsquo;historien L\u00e9on Poliakov dont l&rsquo;oeuvre <em>Histoire de l&rsquo;antis\u00e9mitisme<\/em> (1955-1994), de 1500 pages!\u00a0dialogue avec les r\u00e9flexions de Sartre et de\u00a0Aron, philosophe qui a fait \u00e9diter\u00a0Poliakov. Apr\u00e8s avoir parcouru en historien et sociologue le fil quasi-ininterrompu de l&rsquo;histoire de l&rsquo;antis\u00e9mitisme au cours des si\u00e8cles, Poliakov s&rsquo;interroge en philosophe sur les ressorts de la \u00ab\u00a0passion\u00a0\u00bb antis\u00e9mite, les arch\u00e9types qu&rsquo;elle v\u00e9hicule et sur l&rsquo;\u00e9nigme qu&rsquo;est ce peuple qui a toujours surv\u00e9cu \u00e0 la haine. Pour lui l&rsquo;identit\u00e9 juive n&rsquo;est pas l&rsquo;apanage d&rsquo;une personne (comme chez Sartre), ni d&rsquo;une religion ou d&rsquo;une nation, mais d&rsquo;une communaut\u00e9 qui affirme son humanit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le d\u00e9cret Cr\u00e9mieux<\/strong> de 1870 attribue d&rsquo;office la citoyennet\u00e9 fran\u00e7aise aux \u00ab\u00a0Isra\u00e9lites indig\u00e8nes d&rsquo;Alg\u00e9rie\u00a0\u00bb. Il est abrog\u00e9 entre 1940 et 1943 et r\u00e9tabli ensuite.<\/p>\n<p>Le colloque est retransmis int\u00e9gralement sur <a href=\"http:\/\/www.akadem.org\/sommaire\/colloques\/l-antisemitisme-en-france-xixe-xxie-siecle\/\">le site Akadem<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du 10 au 12 mars 2016 je me suis rendue \u00e0 ce colloque organis\u00e9 conjointement par le mus\u00e9e d&rsquo;art et d&rsquo;histoire du Juda\u00efsme et la Biblioth\u00e8que nationale de France. 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