Partager la publication "Billet d’humeur en hommage à Leila Shahid"
Leila Shahid n’est plus, comme n’est plus tout ce qu’elle avait promu de toute sa force et sa capacité de persuasion : L’espoir d’une paix « juste et durable » entre Israéliens et Palestiniens qu’avec beaucoup d’autres nous avons soutenue, une paix que les accords d’Oslo signés en 1993 avaient essayé d’installer. Au lieu de paix, s’est accentuée la guerre. De l’effrayant massacre du 7 octobre 2023 à la guerre contre Gaza et maintenant la colonisation et l’expulsion des Palestiniens qui s’accentuent en Cisjordanie, sans parler du Liban, des milliers de civils sont morts et des milliers d’autres blessés.
Leila Shahid a décidé de quitter la vie ce 18 février, à Lussan dans le Gard où elle vivait. Elle avait 76 ans.
Elle était née à Beyrouth de parents Palestiniens. Diplomate, elle avait été déléguée de Palestine en France de 1994 à 2005, puis ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne de 2005 à 2015. Toute sa vie fut consacrée à concrétiser l’espoir d’un Etat palestinien au côté d’Israël. Ce qui, en ce moment, semble plus que lointain…
Je l’avais rencontrée, avec Une Autre Voix Juive dans une petite rue du 15ème arrondissement qui abritait et abrite encore la délégation de Palestine en France. Chaleureuse, toujours élégante, directe et passionnée. Elle avait de nombreux amis en Israël, en France où elle avait choisi de s’installer, aux Etats-Unis…
Elle s’attachait à faire connaitre la Palestine pas seulement sous l’angle victimaire mais sous tous ses aspects, notamment culturels.
Le lendemain du 7 octobre 2023, interrogée à la radio en même temps qu’Eli Barnavi qui avait été ambassadeur d’Israël au moment où elle était déléguée de Palestine, son ami, elle disait : « je ne condamne pas, j’essaie de comprendre. Je condamnerai quand on condamnera aussi les meurtres des Palestiniens. » Cela lui fut reproché. Mais Eli Barnavi reconnaissait en même temps que le gouvernement israélien avait tout fait pour affaiblir l’Autorité Palestinienne et repousser toute solution, faire monter le Hamas. Plus tard, début 2025, il reconnaissait « un assaut barbare contre une population civile » qui n’avait plus de justification.
La situation actuelle ne pouvait que désespérer Leila Shahid. Dans ses derniers interviews, elle reprochait amèrement aux pays tiers, et en particulier à l’Union Européenne sans qui elle considérait que rien n’était possible, d’avoir laissé tomber la Palestine.
Adieu, Leila Shahid