Partie à la recherche de mes ancêtres, tous Juifs et pour la plupart d’origine d’Alsace/Lorraine, je me suis aperçue que bien peu de gens connaissent cette histoire des communautés juives en Alsace ou Lorraine. Je m’attacherai dans ce premier article à l’Alsace.
L’Alsace est une région liée du 10ème siècle à 1648 au Saint Empire Romain Germanique. A la fin de la guerre de 30 ans, en 1648, elle passe progressivement sous domination française. Strasbourg n’y sera rattachée qu’en 1697. Seule la région de Mulhouse, au sud de l’Alsace fait exception : Elle avait acquis un statut de république autonome qui fut rattachée en 1798 à la France républicaine.
L’Alsace a été une région majoritairement catholique mais avec une forte composante protestante. Les Juifs n’y ont jamais représenté plus de quelques pour cent mais, au regard de l’ensemble des Juifs sur le périmètre de la France actuelle, ils en étaient une composante importante. L’Alsace vit encore maintenant, comme le territoire de l’ancienne Lorraine occupée, dans un régime concordataire, sans séparation de l’Eglise et l’Etat.
Les Juifs mentionnés au moyen-âge dans de nombreuses villes d’Alsace furent, en 1349, massacrés pour une grande part et chassés de ces villes sous prétexte qu’ils auraient empoisonné – ou fait empoisonner – les puits, provoquant la Peste noire. Le judaïsme alsacien devint dès lors un judaïsme rural.
Exclus des corporations donc de l’artisanat, interdits de cultiver la terre jusqu’à la Révolution, les Juifs sont : bouchers, boulangers, colporteurs, marchands de bétail et de chevaux, marchands de tissus, prêteurs… ou rabbins. Ils peuvent d’ailleurs exercer l’un ou l’autre de ces métiers ou fonctions en parallèle ou successivement. Ils sont assujettis à de nombreuses taxes dépendant du territoire dans lequel ils résident et peuvent en être chassés à tout moment selon le bon vouloir du seigneur local. L’entrée dans les villes donne lieu à péage corporel.











