C’est le titre d’un ouvrage, paru en 2017, de Johann Chapoutot.
Le nazisme, nous dit-il, fut d’abord un projet de révolution culturelle, celui d’un retour circulaire aux origines vouant au feu tout ce qui est étranger à la race, c’est à dire universaliste, pacifiste, humaniste. Pour les Nazis, c’est en sortant de cet héritage judéo-chrétien débilitant que la race germanique sortira d’une longue histoire de malheur. La « loi du sang » commande la contention, la domination, ou l’élimination des autres races. Sous la conduite du Führer, le Reich nazi porte une promesse rédemptrice de paix et de prospérité pour la race germanique .
Dans le contexte précis de l’après 1ère guerre mondiale, cette révolution culturelle promise a réussi à convaincre en Allemagne des millions d’hommes et de femmes que des projets monstrueux étaient légitimes, qu’ils n’étaient pas criminels mais conformes aux lois de la nature. Ce projet nazi, qui se voulait appuyé sur la science, a été accompagné et soutenu par des élites intellectuelles, des professionnels de toutes catégories, archéologues, philosophes, historiens, biologistes, ingénieurs, juristes, chimistes, médecins … A partir des années 20, et jusqu’à la fin de la guerre, les exemples de collaborations sont nombreux dans tous les domaines. Continuer la lecture









