Omar

film Omar affiche Rédigé par Maya.

Omar, film palestnien
de Hany Abu-Assad

La colonisation vue du côté de jeunes Palestiniens. Un Film saisissant, à la fois thriller et comédie, sorti en octobre 2013, et réalisé par Hany Abu-Assad, Palestinien vivant aux Pays-Bas.
Acclamé au Festival de Cannes 2013, il a remporté le prix spécial de la section Un certain regard et a été nommé pour représenter la Palestine aux Oscars du cinéma 2014 dans la catégorie Meilleur Film en langue étrangère.
Mêlant espionnage, histoire d’amour et chronique politique, il brosse le tableau d’une réalité empoisonnée par la dureté du conflit israélo-palestinien et l’impasse où se trouvent acculés les habitants des colonies, où toute douceur de vivre, toute relation et l’amour même se voient gangrenés par le doute, le mensonge, la trahison, la peur et la manipulation.

L’étouffement
d’une vie traquée

Dans la veine d’Ajami, thriller israélo-palestinien de Scandar Copti et Yaron Shani sorti en 2009, ce film magnifique retrace le destin d’un jeune Palestinien de Cisjordanie qui « saute » régulièrement le Mur de séparation érigé entre sa ville « occupée » et Israël pour rejoindre la fille qu’il aime et ses amis d’enfance, Arabes israéliens.
Entré en résistance contre l’Occupation et arrêté pour la mort d’un soldat israélien tué par un de ses amis lors d’une opération commando, il se fait piéger par les services de renseignement, et entre dans la spirale infernale d’une « collaboration » qu’il se voit contraint d’accepter pour éviter l’emprisonnement, tout en espérant s’y soustraire ; il découvre qu’il y a déjà un traître parmi ses camarades…

film Omar mur

« Les Israéliens veulent nous rendre paranos »

« Les Israéliens veulent nous rendre paranos », dit l’un des personnages, et le film décrit parfaitement l’enlisement psychologique quotidien dans lequel un jeune Palestinien se voit contraint de trahir proches, amis et parents, et l’injustice et la violence faite à ceux qui, en dépit de leur jeune âge, se trouvent plongés dans la violence et la guerre.
Enchaînant homicides, vengeances, trahisons, courses-poursuites, interrogatoires musclés, chantages, le film évite cependant les clichés du genre et les discours politiques appuyés.
Avec des images magnifiques et un regard plein d’humour et d’empathie, on plonge, fasciné, dans l’atmosphère électrique et étouffante de la réalité de cette occupation destructrice pour tous.

Premier film entièrement palestinien

En 2006, Hany Abu-Assad, devenu en quelques années l’un des plus importants réalisateurs palestiniens, avait signé Paradise Now, un film choc mettant en scène des kamikazes. Avec Omar, il a réalisé le premier film financé entièrement par des Palestiniens.
A noter : le jeu bouleversant d’Adam Bakri dans le rôle d’Omar, jeune comédien palestinien formé au Lee Strasberg Institute de New York, et l’apparition dans le film de militants de la paix israéliens, dont une avocate chargée de le défendre.

Omar, saut du mur

Quelques prises de parole

Je veux signaler un site où l’on peut trouver la bande-annonce du film et une interview très intéressante de Hany Abu-Assad, où il s’explique sur les conditions de tournage de ce film.
Et aussi : deux témoignages intéressants parus sur les sites du Nouvel Observateur et de Mediapart : celui du frère d’Adam Bakri, Saleh Bakri, star en Israël, qui a pour titre « J’ai décidé de ne plus tourner dans aucun film israélien », ainsi qu’un article de Salsabil Chellali sur Mediapart.

  • Adam Bakri, l’acteur principal, explique : « C’est une histoire universelle. Cela se passe dans la bande de Gaza, mais le film ne dit même pas que c’est à Gaza que l’action se passe. Donc, tout le monde peut s’identifier, tout le monde peut se laisser entraîner dans l’histoire. Je pense qu’il y a un message politique fort dans ce film, mais il est sous-jacent. Il n’est pas brandi comme un étendard, c’est tout le génie de ce film. »
  • Pour le réalisateur, Hany Abu-Assad, Omar est avant tout une belle histoire d’amour. «  Je ne connais personne dans ce monde qui n’ait jamais été follement amoureux d’une autre personne. J’ai éprouvé ce sentiment, dit Hany Abu-Assad. Et je suis toujours fasciné par la façon dont les gens se perdent eux-mêmes et dont ils deviennent vulnérables. L’insécurité actuelle, c’est la raison pour laquelle les gens tombent amoureux et aussi la raison pour laquelle les histoires d’amour se terminent si mal. »

Notes

  • Omar, film palestitiien de Hany Abu-Assad, est sorti en 2013 S sur les écrans parisiens, et on peut encore le voir actuellement dans quelques salles.
    • Cités : des articles de Wikipedia, du Nouvel Observateur et de Mediapart.
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Une réponse à Omar

  1. Laurence dit :

    On peut remarquer que les films Omar et Bethléem sont traversés par le même sujet: le rôle des services de renseignements israéliens dans l’Occupation des Territoires.

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