Que se passe-t-il en Syrie ?

L’échec des initiatives de résolution du conflit israélo-palestinien, le renforcement au pouvoir du gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël, la faiblesse et l’impuissance en Israël, comme d’ailleurs dans le camp palestinien très divisé, des forces progressistes capables d’imposer un processus de paix, la place toujours plus grande des religieux et des colons dans la vie politique, la perspective toujours plus lointaine de création d’un Etat palestinien, suscitent des analyses très pessimistes de la situation.

procheorientcarteBeaucoup d’observateurs pensent que le gouvernement israélien ne fera rien pour débloquer cette situation et qu’une solution ne peut venir que de l’extérieur. C’est le point de vue de représentants de la gauche israélienne laminée, et exprimé notamment, lors du colloque JCall du 10 avril 2016 (1), par Mossi Roz, député du parti Meretz., développé aussi par Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France.

Quels événements, quelles interventions internationales peuvent modifier la donne du conflit israélo-palestinien, maintenant relégué à l’arrière plan d’une actualité dominée par les guerres du Proche Orient ?  

« L’Etat islamique » (ou Daech) s’est étendu, au prix de massacres et d’exactions, principalement en Irak et en Syrie et le jeu des puissances régionales et internationales, des partis politiques, des mouvements religieux semble d’une insaisissable complexité.
Actuellement (octobre 2016), tandis que Mossoul, conquise par Daech, est encerclée par les forces de l’armée irakienne et de la coalition internationale menée par les Etats-Unis, c’est en Syrie, où Alep est quotidiennement attaquée et bombardée par l’armée de Bachar el-Assad appuyée par la Russie, que se joue la partie la plus violente et sans doute la plus décisive pour l’avenir de la région.

syriawarmapg carte wikipediaZones Contrôlées par l’EI en Syrie et en Irak septembre 2016
rouge : gouvernement irakien
rose : gouvernement syrien
vert : rebelles (Armée syrienne libre, Ahrar al-Cham, Jaysh al-Islam et autres…)
blanc : Front Fatah al-Cham
gris : État islamique
jaune : Forces démocratiques kurdes
(Carte Wikipedia réalisée par Haghal Jagul)

Chercheurs et journalistes sont nombreux à proposer des analyses tentant de cerner la nature et les stratégies, souvent fluctuantes, des forces en présence, en constant remaniement. Dans un entretien du 23 septembre dernier sur Médiapart, la chercheuse Loulouwa Al-Rachid note à propos de l’encerclement de Mossoul : « Les ennemis de Daech sont eux-mêmes divisés. Il y a les divisions kurdes et intra-kurdes, sunnite/chiite, contre le gouvernement central et même au sein de la coalition internationale. La position de la Turquie est notamment assez ambiguë. L’EI profite enfin de l’indécision américaine. »
Cette analyse pourrait aussi bien s’appliquer à Alep, ville bombardée de la Syrie où la guerre est à ce jour la plus impitoyable et la plus dévastatrice, si tant est que l’on puisse établir des degrés dans l’horreur des massacres et les souffrances des peuples.

Pour y voir un peu plus clair, et malgré l’intrication des problèmes de toute la région, sont rassemblés ici quelques éléments de compréhension de la situation, focalisés sur la Syrie, angle de vue utile malgré tout à une analyse plus globale.

La guerre civile en Syrie

Une guerre civile en Syrie a éclaté en mars 2011, dans le contexte des « printemps arabes ». Les puissantes manifestations de rue initiales, en faveur de la démocratie, opposaient une grande partie de la population au régime de Bachar elAssad. La question syrienne  (2), de Yassin Al-Hadj Saleh, écrivain et figure de l’opposition démocratique syrienne, éclaire les modalités de la dictature féroce du clan Assad et les raisons du soulèvement populaire.

La guerre civile, d’abord « révolution démocratique », s‘est transformée au fil des jours en guerre civile opposant le clan minoritaire alaouite/chiite au pouvoir (10 % de la population) aux organisations des Sunnites, majoritaires dans le pays (80%) . Les soutiens extérieurs et les alliances intérieures se sont structurés de plus en plus en fonction de cette bipolarisation, ce qui n’a pas empêché l’éclatement de ces alliances en violentes luttes internes.
Les Kurdes ne s’inscrivent pas dans cette partition : majoritairement sunnites (mais aussi chiites, chrétiens, yazidis..) (3), ils restent avant tout kurdes et leurs alliances visent principalement à préserver ou conquérir leur indépendance.

Les forces en présences en Syrie

syrianwarwiki carte wikipedia

en gris les zones contrôlées par l’EI en Syrie, en jaune les Kurdes, en rose le gouvernement Assad, en vert d’autres rebelles ‘dont l’ASL

Face à la violente répression du régime , une opposition armée se structure, d’abord l‘ASL (Armée syrienne libre) rassemblant différents groupes rebelles, laïques et nationalistes réunis par des aspirations démocratiques, ASL bientôt supplantée et combattue par des brigades djihadistes et salafistes.(4) En 2016, l’ASL regroupe, de manière assez instable, environ 50 factions, à l’occasion djihadistes. La région de Damas est la seule zone où, rassemblée au sein du Front du Sud, coalition militaire rebelle formée en février 2014 (5), elle demeure la force rebelle dominante.

Les brigades islamistes sunnites, devenues l’opposition armée majoritaire en 2013, sont d’abord rassemblées dans le Front islamique syrien (salafiste) qui est dissous et s’allie en novembre 2013 avec des brigades du Front islamique de libération syrien (islamistes modérés) pour former le Front islamique. Il vise la création d’un état islamique, rejette la démocratie et le nationalisme kurde, mais semble disparaître en 2015 avec la dispersion des groupes. (6)

Le Front Fatah al-Cham ou Jabhat Fatah al-Sham anciennement appelé Front al-Nosra ou Jabhat al-Nosra, d’obédience sunnite salafiste, apparaît en 2012. L’organisation djihadiste prête alors directement allégeance à Al-Qaïda, qui désigne alors al-Nosra comme sa branche syrienne, mais elle rompt d’un commun accord avec al-Qaïda en juillet 2016 et change à ce moment de nom. (7)
Ce groupe, qui combat le régime syrien comme l’état islamique, tient un front dans la partie Est d’Alep actuellement bombardée (8). Il prône une société reposant sur les lois islamiques.

L‘état Islamique apparaît en octobre 2008 en Irak lorsque 6 groupes djihadistes sunnites, dont Al Qaïda, proclament l’État islamique d’Irak (en abrégé EII ). En 2012 il commence à s’étendre en Syrie et devient en avril 2013 État islamique en Irak et au Levant (EIIL), appelé aussi Daech par ses opposants. En juin 2014, en rupture avec AlQaïda, l’EIIL annonce le rétablissement du califat sous le nom d’État islamique dans les territoires sous son contrôle et Abou Bakr al-Baghdadi se proclame calife, successeur de Mahomet. Son expansion territoriale ne cesse de s’étendre jusqu’en 2015, date à laquelle, après la perte de Kobane, ses nombreux adversaires le font reculer et perdre une partie de ses conquêtes.
Ces différentes organisations rebelles peuvent à l’occasion se combattre ou s’allier selon les circonstances mais l’EI , qui a conquis une grande partie du territoire au prix de nombreux massacres, s’affronte aujourd’hui à un grand nombre d’adversaires :  les forces armées gouvernementales d’Irak et de Syrie, les rebelles syriens, les milices chiites parrainées par l’Iran, les peshmergas du GRK, les groupes kurdes des YPG et du PKK et diverses autres milices. Depuis août 2014, une coalition menée par les États-Unis associant surtout des pays européens a entamé une campagne de frappes aériennes contre l’EI. La Russie est intervenue à son tour en Syrie à partir de septembre 2015.

Les groupes kurdes sont des acteurs clefs dans ce conflit . C’est avec l’appui décisif de leurs combattants que les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance dominée par les combattants kurdes et soutenue par la coalition internationale contre l’EI, ont fait reculer l’EI à Manbij (9) et à Kobané en août 2016.
Le PYD, Parti de l’union démocratique (10), parti kurde majoritaire en Syrie, contrôle actuellement  le Kurdistan syrien. D’orientation « socialiste démocratique », il a des visées indépendantistes et veut avant tout préserver l’autonomie, gagnée dans le cours de la guerre, du Rojava , territoire kurde syrien. Il passe pour la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) très actif en Irak et en Turquie,, mais ses intérêts ne coïncident pas toujours avec ceux défendus par le PKK et les rivalités sont sensibles entre Kurdes syriens, turcs et irakiens.
Sa branche armée, les Unités de protection du peuple (YPG), est assez proche de l’ASL mais les Kurdes jouent leur propre carte et leurs alliances restent opportunistes (11).
L’YPG comporte des Unités féminines de protection (YPJ) composées uniquement de femmes combattantes volontaires. Elles représenteraient 40 % des effectifs.

Le jeu des grandes puissances et des puissances régionales est lui aussi complexe et susceptible de revirements

La Turquie
La Turquie, membre du Conseil de l’Europe et de l’OTAN, est un pays de tradition majoritairement sunnite et alliée historique des Etats-Unis dont elle abrite des bases militaires à İncirlik, Izmir et Ankara. Cette entente est cependant compliquée par la question kurde : les Etats-Unis soutiennent les forces kurdes syriennes et la Turquie redoute que tout renforcement des forces kurdes en Syrie ne favorise les visées indépendantistes kurdes de Turquie.
Au début de la guerre civile syrienne, en 2011, le président Erdogan, allié de la coalition internationale menée par les Etats-Unis , mise sur la chute de Bachar elAssad, soutient des fractions de l’opposition sunnite dont son parti religieux (AKP) se sent proche, et leur fournit des armes. Mais l’emprise de l’Etat islamique, les attentats sur son sol, le renforcement de la guerilla kurde, les enjeux géopolitiques (la Turquie est sur le tracé d’oléoducs d’importance stratégique) et ses ambitions hégémoniques régionales l‘amènent en août 2016 à un certain revirement (12).
Peu après la tentative de coup d’état qui l’a ébranlé en août 2016, le gouvernement Erdogan se rapproche de la Russie, qui soutient Bachar el-Assad, et du clan alaouite contre les brigades rebelles sunnites et les forces kurdes. Le 9 août, à Saint-Pétersbourg, Poutine et Erdogan ont annoncé le renforcement de la coopération technico-militaire entre leurs deux pays. (13).
Mais Erdogan ménage ses alliés occidentaux et le 24 août, il lance en Syrie une opération sans précédent, appuyée sur certains groupes rebelles sunnites, contre l’Etat islamique…, mais aussi contre les milices kurdes. (14)

L’Iran
Depuis 2011, début de la guerre civile, l’Iran soutient activement le régime de Bachar elAssad, financièrement, militairement et idéologiquement. Cette alliance remonte à la guerre Iran-Irak et repose sur des considérations géostratégiques d’équilibre des puissances régionales, et sur le clivage religieux entre chiites et sunnites.
Le soutien au régime syrien se fait à la fois par l’intermédiaire du Hezbollah libanais, allié chiite financé et armé par l’Iran pour un engagement lourd de combattants sur le terrain, par la fourniture de matériel et de cadres militaires. et par un engagement direct de combattants iraniens et Afghans encadrés par les Gardiens de la Révolution.. Ils seraient actuellement entre 5000 et 10 000 selon les estimations.
Par son soutien au régime de Bachar elAssad, l’Iran se trouve allié de la Russie mais avec des objectifs sensiblement différents. Cela amène parfois quelques frictions comme en août 2016 lorsque la Russie s’est rapprochée de la Turquie, alliée du « Satan américain ». Fin août cependant , fait sans précédent, un accord a permis ponctuellement à la Russie d’agir depuis le territoire iranien pour attaquer des positions de l’organisation Etat islamique (EI) et du Front Fatah al-Cham. (15).
L’Iran voit d’un mauvais œil monter les ambitions et l‘intervention de la Turquie, mais garde avec cet adversaire sunnite un point de convergence important  : la question kurde.

Pays du Golfe
L’Arabie Saoudite, le Bahreïn, le Qatar, les Emirats arabes unis, Oman et le Koweït utilisent depuis des années une partie de leurs revenus pétroliers pour soutenir des groupes sunnites islamistes de toutes sortes qui interviennent dans les conflits du Proche Orient et dans les pays arabes.
Contre l’Iran chiite, le Qatar et l’Arabie saoudite s’attachent à promouvoir des conceptions religieuses wahhabites, financent et arment des groupes relevant de la nébuleuse des Frères musulmans, ou de groupes salafistes djihadistes comme Al-Qaïda.
Dans le paysage syrien si mouvant et disloqué, il est difficile d’évaluer leur contribution, présente ou passée, aux groupes oeuvrant dans l’EI ou plus ou moins affiliés à Al-Qaida.
Les pays du Golfe, qui font officiellement partie de la Coalition, versent aussi des fonds importants à l’ONU et à des ONG pour faire face à la catastrophe humanitaire syrienne, mais ils ont catégoriquement refusé de recevoir le moindre contingent de réfugiés syriens (16)

Les Etats-unis et la Russie s’affrontent au travers du conflit syrien.

La Russie, de concert avec l’Iran, soutient inconditionnellement Bachar elAssad et intervient militairement de façon déterminante sur le terrain. Elle combat l’EI (Daech), mais aussi tous les opposants au régime Assad. Actuellement, en septembre et octobre 2016, ses frappes aériennes incessantes visent les quartiers Est d’Alep, aux mains de l’opposition (principalement le Front Fatah al-Cham), malgré la situation désespérée des populations civiles..

Pour contrecarrer l’influence américaine, La Russie, qui a déjà une base navale méditerranéenne à Tartous en Syrie, s’attache à construire de solides alliances au Proche Orient et à protéger ainsi ses intérêts stratégiques et économiques. Poutine, confronté au sein de la Fédération de Russie à la rébellion des Tchétchènes sunnites, nombreux semble-t-il dans les rangs de l’EI, a aussi joué des antagonismes religieux en soutenant le clan alaouite. Soutien récompensé par l’accord russo-syrien, léonin, rendu public en janvier 2016, donnant à l’armée russe le droit discrétionnaire d’utiliser indéfiniment et gratuitement, la base de Hmeimim, nouvelle enclave militaire aérienne  sur le territoire syrien. (17)

Les Etats-Unis, avec les pays européens et comme l’opposition syrienne, exigent le départ de Bachar elAssad. Ils soutiennent diverses oppositions, ainsi que les forces kurdes, les plus opérationnelles sur le terrain, en fournissant des armes et des cadres techniques . Des frappes aériennes « ciblées » sont menées quotidiennement sur le territoire occupé par l’EI, qui n’épargnent évidemment pas les civils…

La lutte contre Daech, devenu fabrique de terroristes, est le rare point d’accord avec la Russie et l’Iran. Les « conférences de paix » se succèdent depuis 2012 sans jamais aboutir, achoppant sur le départ de Bachar elAssad soutenu indéfectiblement par Poutine et le gouvernement iranien. Le dernier « processus de résolution du conflit », lancé à la fin de 2015 par les Etats-Unis et la Russie est abandonné le 4 octobre 2016, les discussions directes avec la Russie sont suspendues après la destruction totale du plus grand hôpital du secteur rebelle d’Alep dans un bombardement aérien. John Kerry assure cependant que les Etats-Unis «n’abandonnent pas la recherche de la paix». (18)

A cette date, l’armée gouvernementale syrienne et la Russie bombardent sans discontinuer la zone rebelle d’Alep (écoles, hôpitaux, commerces, habitations…), préférant l’extermination à la négociation, tandis que les Etats-Unis, lassés des guerres du Proche Orient, semblent impuissants à arracher une quelconque concession.

Assiste-t-on à une sorte de partition des zones d’influence au Proche Orient ? Tandis qu’en Syrie la Russie supporte de manière décisive le régime au pouvoir, en passe d’écraser la rébellion à Alep, en Irak les Etats-Unis appuyés sur la coalition encerclent la grande ville de Mossoul aux mains de l’EI, où une offensive d’envergure paraît imminente (19).
L’impression actuelle est plutôt de perte d’intérêt des Etats-Unis pour le bourbier proche oriental, laissant la Russie manifester son ambition de retrouver le poids politique de l’ancienne URSS dans la région, ainsi que certains territoires perdus…

Et quel est le jeu d’Israël dans cette situation ?

Officiellement, Israël n’intervient pas dans ce conflit et les quelques escarmouches à la frontière témoignent juste de sa vigilance, concernant en particulier l’équipement militaire du Hezbollah en Syrie. Le pays a, occasionnellement, procuré une aide humanitaire à des civils syriens.
La situation est cependant observée avec attention et présente pour l’instant pour Israël plus d’avantages que d’inconvénients :
– La question de la restitution à la Syrie du plateau du Golan annexé en 1967 est devenue quasi obsolète.
– Le Hezbollah, principale menace sur sa frontière avec le Liban, est trop occupé en Syrie pour engager un autre front.
– Le conflit Israélo-palestinien n’est plus la priorité des pays arabes ou musulmans recentrés sur les questions nationales et trop impliqués dans les révolutions ou les guerres en cours, ce qui a permis au gouvernement israélien de brouiller la perspective d’un Etat palestinien.
– Les craintes liées au rapprochement des Etats-unis avec l’Iran, suite à l’accord sur le nucléaire, ont été compensées par une augmentation notable de l’aide financière et militaire américaine.

Bilan humain provisoire de cette guerre

Selon différentes sources, le conflit a fait de 300 000 à 500 000 morts entre 2011 et septembre 2016. Massacres, attaques à l’arme chimique, crimes de guerre, crimes contre l’humanité ont été commis, principalement par le régime syrien et l’État islamique. Les civils ont payé un lourd tribut lors des innombrables bombardements aériens, ceux de la Coalition ou ceux des soutiens du régime.
Entre 100 000 et 200 000 personnes ont disparu dans les prisons de Bachar elAssad, dont 17 000 à 60 000 y ont été torturées à mort. La moitié de la population syrienne a été déplacée pendant le conflit, et cinq à six millions de Syriens ont fui le pays, soit le quart de la population.
Pour plus de détals, consulter sur Wikipedia dans l’ article Guerre civile syrienne le chapitre Bilan humain

Parce que l’actualité se réfère souvent à des histoires et des légendes anciennes, on peut retrouver, dans un formidable livre-document d’Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, l’actualité des sièges de Mossoul, Damas, Alep, Jerusalem, le récit de manigances et de trahisons, de conquêtes, de défaites et de massacres qui ne sont pas moins cruels – de tous les bords – et dont l’horrible écho n’a pas empêché la répétition.
Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes – La barbarie franque en Terre sainte. J’ai lu, 2016 (première édition, Jean Claude Lattès, 1983))

Notes

(1) Les débats du colloque JCall : Israël entre chaos régional et défis intérieurs

(2) Yassin Al-Hadj Saleh, La question syrienne, Sinbad, Actes sud, 2016
Il montre en particulier comment le parti Baas, par la corruption, le népotisme et les assassinats de masse, a été le marche pied de la dictature sanglante du clan Assad, et comment le communautarisme, loin d’être un état naturel de la société, a été un moyen politique de diviser, de soumettre et de gouverner.

(3) Les Kurdes, un peuple éclaté entre quatre pays,
Le Monde.fr, 17.07.2015, Par Camille Bordenet

(4) Armée syrienne libre, Wikipedia

(5) Front du Sud (Syrie), Wikipedia

(6) Front islamique (Syrie) , Wikipedia

(7) Front Fatah al-Cham, Wikipedia

(8) Comment mettre fin au martyre syrien, Médiapart, 6 mai 2016, Débat animé par Pierre Puchot avec deux spécialistes de la Syrie : Hala Kodmani et Nicolas Hénin.

(9) La reprise de Manbij en Syrie, une victoire majeure contre l’EI
Le Monde, 13.08.2016, Par Allan Kaval

(10) Parti de l’union démocratique, Wikipedia

(11) En pointe contre Daech, le PYD kurde divise la population syrienne
Médiapart, 18 août 2016, par Pierre Puchot,

(12) Politique étrangère de la Turquie, Wikipedia

(13) Russie, Syrie : pourquoi la Turquie est en plein virage diplomatique, l’Obs, 26 août 2016, par Kenza Safi-Eddine

(14) Djihadistes et salafistes s’opposent sur la participation des groupes rebelles à l’offensive turque soutenue par les Etats-Unis dans le nord de la Syrie – Le Monde, 26.09.2016, par Madjid Zerrouky

(15) Intervention de l’Iran dans la guerre civile syrienne, Wikipedia

(16) Les Etats du Golfe refusent d’ouvrir leurs frontières.
Le Monde, 13.09.2015, par Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)

(17) Moscou renforce ses bases aériennes en Syrie,
Le Figaro, 07/10/2016, par Pierre Avril.Une «immunité complète» est accordée aux militaires russes engagés en Syrie.

(18) Syrie : John Kerry assure que les Etats-Unis « n’abandonnent pas la recherche de la paix », Le Monde, 04.10.2016, par Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)

(19) Irak «Une énorme armada encercle aujourd’hui Mossoul»
Mediapart, 23 septembre 2016, par Pierre Puchot –

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3 réponses à Que se passe-t-il en Syrie ?

  1. Laurent Bloch dit :

    Merci pour cette excellente synthèse d’une situation difficile à appréhender.

    Il ne me semble pas inutile de donner quelques indications démographiques sur les Kurdes, qui peuvent aider à comprendre leur situation (source Wikipédia) :

    Turquie : 12 à 15 millions de Kurdes, soit près de 20% de la population ;
    Iran 6 à 9,2 millions
    Irak 5 à 7 millions
    Syrie 2,8 millions

  2. Laurent Bloch dit :

    Mon message précédent est parti à l’improviste, alors je poursuis.

    Les Kurdes d’Irak représentent, comme en Turquie, à peu près 20% de la population du pays et y sont quasiment indépendants, mais divisés politiquement entre deux partis rivaux qui se partagent le territoire.

    Question : Barzani, leader politique du Kurdistan irakien septentrional, et qui entretient d’excellentes relations avec la Russie et avec la Turquie, souhaite-t-il vraiment l’essor du PKK en Turquie, qui représente une population bien plus nombreuse que celle qu’il représente ? On peut de ce fait conclure (sans parler des autres circonstances) que la création d’un État kurde indépendant est utopique.

    • Claire dit :

      Merci Laurent de ces précisions utiles. Tu as raison de souligner les différences de point de vue ou les rivalités qui traversent les différentes populations kurdes.
      Pour la partie syrienne, la seule sur laquelle j’ai collecté des données un peu précises, je ne crois effectivement pas que l’objectif soit de rejoindre un hypothétique Kurdistan, qu’il soit irakien ou rassemblant les populations de plusieurs états. Le PYD s’attache plutôt à défendre l’autonomie de leur propre territoire en Syrie sous le nom de Rojava ; Et si l’idée de fédération est évoquée, elle ne se présente pas, me semble-t-il, comme une visée stratégique, mais comme une possibilité à terme.

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