Le 4 août 1914, deux jours après la mobilisation générale, Marie Cohen, née Mayer, âgée de 74 ans, veuve d’Émile Cohen, mon arrière-arrière-grand-mère, achète un cahier d’écolier à la papeterie de Montmorency où elle loue une maison pour l’été et commence un journal. Elle le tiendra jusqu’au 8 octobre 1918.

Marie et ses sept enfants, vers 1872. En haut, de gauche à droite : Eugène, Armand, Marie, Lucie. En bas : Hippolyte, Amélie, Alice, Valentine.
Elle y consignera ses états d’âme et suivra, avec anxiété, les « aventures » de son fils Hippolyte, engagé volontaire, et de ses petits-fils : Emile, Marcel, Lucien puis Roger.
Marie C. vit à Paris. Elle est issue d’une famille juive d’Alsace et de Lorraine, plutôt aisée, venue à Paris au début du 19e siècle. Elle a également un arrière-grand-père, Tobias Koen, immigré de Bavière à la fin du 18e, chirurgien pédicure de Napoléon et de Joséphine ! Mariée en 1857 à 17 ans avec Emile Cohen, juif allemand venant du Mecklembourg, tout au nord de la Confédération germanique, elle aura avec lui neuf enfants dont deux mourront vers l’âge de deux ans. Cela entre leur mariage en 1857 et la mort d’Emile, vers 46 ans, en 1868 ! Veuve donc à 28 ans, enceinte de sa dernière fille, elle élève seule sept enfants. Le surnom de « mère courage » lui est restée dans la famille. Continuer la lecture





