Attaques contre les ONG israéliennes en faveur de la paix

Depuis la mise en place de notre site « les Forces de paix », conjoint à notre blog, nous avons fait le choix de recenser et référencer les organisations israéliennes qui mènent des actions courageuses, dans un contexte difficile, pour faire respecter les droits humains en Israël et dans les Territoires occupés.
Le gouvernement israélien, enferré dans uB'Tselemne occupation et une colonibreakingthesilence1sation qui, petit à petit, affecte l’ensemble de la société israélienne, s’en prend maintenant ouvertement à ces ONG qui défendent les droits des Palestiniens.
Poussé par la Droite religieuse et nationaliste qui fait partie du gouvernement, il fait voter actuellement une loi dite « de transparence » qui prévoit que les ONG recevant plus de la moitié de leur financement de gouvernements étrangers devront le mentionner dans leurs rapports officiels. Il était également prévu que tout député adhérent soit obligé de porter un badge spécial au Parlement. Heureusement cet amendement a été retiré.
Et surtout, en parallèle, une campagne de dénigrement de ces associations est lancée depuis plusieurs mois, avec des attaques nominatives, et des accusations de traîtrise.

Quelques références :
En Israël, des ONG se défendent contre une vaste campagne de diffamation, Le Monde 07.02.2016, Piotr Smolar
Israël : ces « nouveaux traîtres » à la tête des ONG de gauche, Le Point, 20/12/2015, Danièle Kriegel

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Le dernier jour d’Yitzhak Rabin, film d’Amos Gitaï

téléchargementLe cinéaste franco-israélien revient sur ce qui s’avère être aujourd’hui un traumatisme fondamental de l’histoire d’Israël, l’assassinat du Premier Ministre Yitzhak Rabin le 4 novembre 1995 par un jeune extrémiste religieux, Yigal Amir, à la fin d’un rassemblement qui avait réuni à Tel-Aviv des dizaines de milliers de sympathisants pour la paix.
Le film mêle adroitement des images d’archives (celles du discours de Rabin ce 4 novembre et de son assassinat en direct, celles d’une manifestation, antérieure de quelques jours, d’extrémistes hostiles à la paix galvanisés par un discours de Benjamin Netanyaou, celles d’une séance à la Knesset où Rabin est interpellé violemment par des députés du Likoud), deux interviews, l’une de Shimon Peres, l’autre de Léah Rabin, veuve inconsolée du Premier Ministre, décédée depuis en 2000, et des reconstitutions jouées par des acteurs : interrogatoires de la commission d’enquête de la Cour Suprême, réunion de rabbins extrémistes appelant à un « Din Roder » sur Rabin, (équivalant de la fatwa des Musulmans), analyse délirante d’une psychiatre invoquant des troubles schizoïdes chez Rabin, préparation de l’assassinat par Y.Amir, arrestation et interrogatoire de ce dernier. La mise en scène, bien que formelle, surprend par son rythme de thriller, sa beauté plastique et sa grande fluidité, à tel point que parfois on ne sait plus si ce qu’on voit est archive ou reconstitution, et l’ensemble donne l’effet d’une inquiétante étrangeté. Continuer la lecture

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À PROPOS DU CAMP DE LA PAİX en İSRAËL

rédigé par Marianne

Pour toutes celles et ceux qui ont passionnément suivi et soutenu les accords d’Oslo au début des années 90, espéré qu’ils pourraient peu à peu mener à la paix entre Israéliens et Palestiniens et conduire à la création de deux États mitoyens, l’assassinat d’Itzak Rabin, en novembre 95, par un israélien religieux fanatique, à la suite d’une effroyable campagne de délation menée par la droite israélienne, a constitué un incroyable choc (1). Il a sonné en même temps la mort du processus d’Oslo, même s’il y eut de nouveaux espoirs vite annulés, comme en 2001 lors du controversé sommet de Taba, ou en 2005 lors du retrait d’Israël de la bande de Gaza.

20 ans après l'assassinat de Rabin

20 ans après l’assassinat de Rabin

On assiste à une extension des colonies, on voit une société israélienne qui bascule de plus en plus vers une droite dure, on constate une montée du fanatisme religieux, des confrontations de la société israélienne avec ses minorités : Bédouins, Ethiopiens, travailleurs immigrés… Et les tensions entre Israéliens juifs et Israéliens arabes ou Palestiniens s’aggravent, notamment à Jérusalem où les attaques au couteau ou à la voiture bélier se multiplient, faisant de nombreux morts.
Dans ces conditions, les forces du mouvement de la paix israélien, que nous nous sommes efforcées de référencer, sont isolées.
Un article de Joseph Confavreux*, publié par Mediapart le 16 décembre, nous semble faire une analyse intéressante du contexte dans lequel évolue le camp de la paix, de ses difficultés et de ses mutations actuelles.

(1) Allez vite voir en salles le dernier film d’Amos Gitaï : Le dernier jour d’Itzak Rabin.
* article en accès protégé.

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La situation en Israël, rencontre Paix Maintenant

Lundi 14 décembre, au Cercle Bernard Lazare, à 20H30,
Le point de la situation en Israël, notamment à JérusalemPaixMdec2015
– Anat Ben Nun, responsable du développement et des relations exterieures de Shalom Akhshav (Paix Maintenant Israël)
– Daniel Seidemann, avocat israélien,  fondateur de Terrestrial Jerusalem, expert internationalement reconnu concernant Jérusalem

Atmosphère morose. Public un peu moins nombreux que d’habitude (environ 50 personnes) commentant en aparté, avant l’arrivée des conférenciers,  les résultats des élections en France et  l’attentat du jour en Israël. Rencontre introduite par Ilan Rozenkier, président de Paix Maintenant France.

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Un cheval entre dans un bar, de David Grossman

Roman, éditions du Seuil (2015)
Traduction Nicolas Weill

797806-grossmanjpgRésumé

Dovalé Grinstein, 57 ans, comique de seconde zone, se produit un soir dans un club de Netanya, ville balnéaire d’Israël. Devant un public tour à tour complice, intrigué, rejeté et même martyrisé par lui, l’artiste se met à nu en mêlant blagues vulgaires, histoires partant dans tous les sens, confidences familiales, réflexions sur la Shoah, l’histoire d’Israël, la religion ou la mort. La veille il a convié à cette séance le juge Avishaï Lazar, un ancien camarade de classe qu’il n’a pas revu depuis l’âge de 14 ans. Avishaï, d’abord surpris par le spectacle, puis mal à l’aise et même dégoûté, veut quitter la salle. mais un pressentiment l’en empêche qui lui fait penser qu’il est concerné au plus haut point par cette histoire. Continuer la lecture

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Enseigner l’histoire ?

ΗistoriaUne de mes petites filles, (14 ans, classe de 3ème en collège public) est rentrée à la maison en posant cette question : « maman, tu savais que Hitler était juif  ? il paraît que sa mère était juive ». Elle venait d’assister à un cours d’histoire de la seconde guerre mondiale, et c’est le professeur d’histoire qui avait apparemment glissé cette information sur le mode « il semblerait que ». Nous savons depuis longtemps que cette question a été  débattue, mais que les historiens, après étude,  ont conclu que c’était une rumeur invérifiable et infondée. Aussi pourquoi, sur un sujet où il y a tant à dire, dans un cours destiné à des enfants sans grandes références historiques,  distiller une telle rumeur, fort de l’autorité académique et sans même l’inscrire dans une approche critique des manipulations de l’histoire ? Continuer la lecture

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Le Fils de Saul, de Laszlo Nemes (2015)

affiche-le-fils-de-saul-500x667Rédigé par Reine.

J’ai beaucoup hésité avant d’aller voir ce film. Par crainte sans doute et d’être rattrapée par l’angoisse provoquée par l’histoire de ma famille, et de retomber dans ce vieux débat qui a jalonné par le passé les films qui traitaient de la Shoah, comme Kapo de Gilles Pontecorvo (avec ce fameux travelling tant décrié par Jacques Rivette, 1961), Portier de nuit de Liliana Cavani (1974  ), La Liste de Schindler de Steven Spielberg (avec une contre-plongée sur la douche très critiquée, 1993), La Vie est belle de Roberto Benigni (1997), La Trêve de Francesco Rosi, d’après un livre de Primo Levi (1997), ou plus récemment La Rafle de Rose Bosch (2010). Comment filmer l’inmontrable, l’irreprésentable, l’indicible sans trahir, sans rendre le spectateur voyeur, en introduisant de la fiction? Les voies empruntées par Alain Resnais dans le début de Nuit et brouillard (1956 ) et Claude Lanzmann dans Shoah (1985  ) ou Sobibor (2001  ) paraissaient les seules acceptables, tout dire, ne rien montrer. Malgré le Grand Prix reçu par Nemes à Cannes en 2015 et des critiques souvent élogieuses (même Claude Lanzmann, grand gardien du temple, a dit « Je ne dirai jamais aucun mal de ce film »), j’ai été guidée, me semble-t-il, plus par une sorte de devoir familial, un hommage à mes grands-parents déportés, que par une réelle envie.

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Vendredi 13 novembre 2015

Les bloggeuses de Maclarema ressentent, comme tous leurs concitoyens français, une peine et une colère immenses devant les attentats djihadistes du vendredi 13 novembre, malheureusement prévisibles et faisant suite à ceux de 2012 à Montauban et Toulouse, puis de janvier 2015 contre Charlie Hebdo, une policière de Montrouge et l’hypercasher de la Porte de Vincennes, sans oublier les autres attentats commis dans le monde entier*.
Rien ne peut expliquer sous un seul prisme ces atrocités et encore moins les justifier, ni explication socio-économique ni argument religieux. Il s’agit là d’actions terroristes à caractère fasciste et cette fascination incoercible que ces meurtriers ont pour la mort renvoie à d’autres fascismes plus anciens, comme par exemple les phalanges franquistes défilant aux cris de « Viva la muerte ».
Certains observateurs ont remarqué que lorsqu’on s’attaque aux juifs d’un pays, c’est souvent l’annonce de désastres plus larges. Ce postulat se vérifie aujourd’hui en France : à Toulouse et à Vincennes on cible des juifs parce que juifs, à Montauban des militaires français parce que français (même et peut-être surtout s’ils sont de confession musulmane), à Paris on cible des libres-penseurs de la presse, à Montrouge une policière pour les mêmes raisons que les militaires.
A Paris ce vendredi 13 novembre on a ciblé la jeunesse libre, des femmes et des hommes de toutes origines culturelles, morts ensemble, au motif insupportable qu’ils aimaient, pêle-mêle, le divertissement, la musique, l’amitié, la liberté. C’est cette mixité joyeuse qui a été visée.
Maclarema depuis sa création réfléchit à sa manière sur les injustices d’ici ou d’ailleurs, la montée des racismes, des exclusions, sur la façon dont l’absence de dialogue entre Israéliens et Palestiniens s’expatrie chez nous et crée de la tension parfois très violente entre des Français juifs et musulmans, surtout dans certains lieux sensibles.

Il nous faut continuer de penser, de résister à la haine qui prend corps dans notre pays et se traduit par exemple par des sondages de plus en plus favorables au Front national . Nous ne cachons pas qu’il nous arrive, comme à tous nos lecteurs, d’être découragées par l’impasse israélo-palestinienne, la montée d’un terrorisme islamiste mondialisé qui émerge et tue sur tous les continents, la menace de guerres plus étendues encore. Mais en mémoire de toutes les victimes nous n’avons pas le droit, nous semble-t-il, d’abandonner notre veille

Ce texte est dédié à Justine Moulin, 23 ans, assassinée le vendredi 13 novembre 2015 à la terrasse du restaurant Le petit Cambodge , Paris 10ème, et à toutes les autres victimes de ces carnages.

Pour une liste des autres attentats commis par l’organisation état islamique voir article wikipedia [Attaques ou implantation de l’EI dans les autres pays du monde musulman]

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Proche-Orient : ce que peut le cinéma

Comme chaque année depuis 2003, le cinéma « Les 3 Luxembourg »* accueille, du 20 au 29 novembre, un festival de films sur le Proche-Orient. On sait que c’est une région où le cinéma apporte un regard intéressant, ouvert, souvent pertinent et engagé, parfois inattendu, dont la région a bien besoin et où, peut-être, il peut apporter une lueur d’espoir! La projection des films est suivie chaque soir d’un débat.

ce que peut le cinema« La septième édition de Proche-Orient : Ce que peut le Cinéma se déroule cette année encore dans l’habituel lieu parisien Les 3 Luxembourg, et continue dans sa volonté d’informer, de sensibiliser et de créer le dialogue, avec un programme de courts, moyens et longs métrages, de fictions et de documentaires d’Égypte, d’Irak, d’Iran, d’Israël, de Libye, de Palestine et de Syrie. »

Cinéma « Les 3 Luxembourg », 67 rue Monsieur le Prince, 75006, Paris

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Montée en puissance des ultras religieux en Israël

ultra orthodoxes

Rédigé par Reine

Aujourd’hui un Israélien sur 10 est ultraorthodoxe (soit environ 900 000 personnes contre 400 000 en 1990) et cette communauté gagne chaque jour en nombre et en influence à tel point que les Israéliens laïcs ont le sentiment d’être minoritaires dans certains endroits, surtout à Jérusalem où l’on en compte plus de 200 000. Quelles répercussions pour le pays et sa politique actuelle ?

Rappel historique L’orthodoxie juive, gardienne de la tradition hébraïque, naît en Europe de l’est à la fin du XVIIIè siècle pour contrecarrer l’extension de la modernité née en Allemagne à la fin du XVIIè, qui propose une adaptation de la halakha (loi juive) au temps et au lieu de vie, en langue vernaculaire. Ces traditionalistes s’opposent aussi, à l’intégration, a fortiori à l’assimilation, des juifs à leur société mais aussi, par leur messianisme*, au sionisme naissant, donc à l’établissement d’un Etat juif en Palestine (comme on le nommait à l’époque). Les Haredim (les « craignant Dieu ») viennent de Pologne et de Russie et quelques centaines de survivants émigrent après-guerre aux USA, au Canada, en Europe de l’ouest et paradoxalement en Israël. En 1948 le Premier ministre Ben Gourion, bien que laïc, accorde des privilèges à quelques centaines d’ orthodoxes : l’exemption du service militaire* et des subventions qui leur permettent d’étudier la Torah sans avoir à travailler. En 1977 le Likoud (parti de droite) généralise ces privilèges à tous les ultras-orthodoxes malgré une démographie galopante et les soutient en outre pour leurs logements, leurs écoles ou leurs prêts bancaires. Ce qui ponctionne fortement les finances.

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